Sécurité, effectifs policiers, violences intrafamiliales: ce qu’il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron – France Bleu

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Le président de la République en déplacement à Nice dans l’ex-hôpital Saint Roch de Nice, site d’un futur “hôtel des polices” ce lundi 10 janvier, a multiplié les annonces. Il a indiqué vouloir augmenter le budget de la sécurité de 15 milliards d’euros, doubler le nombre de policiers sur le terrain, créer des brigades de gendarmerie en milieu rural, lutter contre le harcèlement de rue et les violences intrafamiliales.

Nous avons ces cinq dernières années, conformément à l’engagement que j’avais pris, réinvesti dans notre sécurité“, a-t-il lancé devant des élus, des associations, des membres de forces de l’ordre et des habitants. “Il y a un droit à la vie tranquille et qu’on ne cède rien devant quelques incivilités, que ce soit, encore faut-il y mettre les moyens“, a-t-il lancé en rappelant les 10.000 créations de postes dans les forces de l’ordre depuis 2017.

Une hausse de 15 milliards d’euros pour la sécurité

Emmanuel Macron a annoncé lundi une augmentation du budget de la sécurité de 15 milliards d’euros sur cinq ans, dans le cadre d’un projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres en mars. Cette “loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur” (Lopmi) ne pourrait être votée qu’après l’élection présidentielle et représenterait une hausse de 25% par rapport au budget actuel.

Le budget 2022 affichait déjà un record pour la sécurité avec 1,5 milliards d’euros. Cette nouvelle augmentation serait historique. Dans la pratique, le budget du ministère serait augmenté d’un milliard la première année, de deux la deuxième année et ainsi de suite jusqu’à cinq milliards de plus la cinquième année, de sorte que le total atteindrait 15 milliards à la fin de la Lopmi.

Doubler le nombre de policiers sur le terrain

Le président de la République a également déclaré vouloir “doubler les policiers sur le terrain d’ici 2030“, notamment par la suppression de tâches annexes et des réorganisations. Cette mesure viendra en complément de la création des 10.000 postes de forces de l’ordre depuis le début du quinquennat, a précisé le président à Nice.

Pour parvenir à cet objectif au cours des cinq prochaines années, la Lopmi mettra “un terme aux tâches indues“, comme la garde des bâtiments publics, le transfert des détenus, la police des audiences, etc. Au total, cela devrait permettre de dégager “3.500 policiers et gendarmes” pour les mettre sur la voie publique.

Il a aussi annoncé une accélération du dégagement des policiers et gendarmes des tâches administratives. “Il n’y aura plus, a-t-il dit, à compter de 2023 un seul de ces personnels actifs dans les fonctions de contrôle administratif à nos frontières ou de gestion des centres de rétention administrative (CRA)“. “Cela nous permettra de remettre pas moins de 3.000 agents sur la voie publique“, a-t-il estimé.

Création de 200 brigades de gendarmerie

Emmanuel Macron a annoncé la création de 200 brigades de gendarmerie en milieu rural et d’une “force d’action républicaine pour les quartiers” afin de “sécuriser” ces quartiers et d'”aider à démanteler” les points de deal.

On va créer 200 brigades de gendarmerie en milieu rural qui pourront prendre la forme de nouveaux types d’implantations avec des expérimentations qui vont être lancées dans plusieurs départements“, a précisé le président, “pour remettre de la tranquillité dans les quartiers les plus ruraux“.

Il a aussi déclaré avoir “réinvesti pour lutter contre l’immigration illégale” et contre la radicalisation et “mené une action nouvelle contre la drogue” avec la création d’un organisme central pour lutter contre les trafics et les points de deal.

Harcèlement de rue et violences intrafamiliales

Le président de la République a annoncé vouloir tripler à 300 euros l’amende pour harcèlement de rue, un acte qui sera qualifié de “délit”, et entend doubler la présence policière dans les transports, dans le cadre d’une future loi sur la sécurité (Lopmi).

Le président a fait valoir que “parmi les victimes de vols avec ou sans violence et de violences sexuelles dans les transports en commun” les femmes représentaient “respectivement 56% et 95% des victimes pour 52% de la population“.

Il a par ailleurs annoncé le doublement du nombre des enquêteurs dédiés aux violences intrafamiliales, portant leur nombre à 4.000, en cinq ans. Et il a promis que la Lopmi augmenterait de 200 le nombre des intervenants sociaux dans les commissariats et les gendarmeries pour atteindre un total de 600.

Il a rappelé les engagements annoncés ces derniers mois pour lutter contre les violences intrafamiliales, comme la création d’un “fichier” afin de prendre en compte les signaux faibles de dangerosité, empêcher la récidive par des individus déjà connus”.

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