Scandale Wirecard : EY avait signalé les incohérences financières soulevées par KPMG

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Scandale Wirecard : EY avait signalé les incohérences financières soulevées par KPMG

Avant que le scandale comptable n’éclate publiquement, l’auditeur de Wirecard depuis plusieurs années avait averti la société allemande que l’audit externe mené par KPMG en avril dernier avait mis en lumière des irrégularités.

Le cabinet EY, qui avait vu la version préliminaire de ce rapport d’audit indépendant un jour avant sa publication, avait en effet averti Wirecard que sur le papier, KPMG n’était pas en mesure de justifier près de la moitié des revenus du prestataire de paiement allemand ainsi que la totalité de son bénéfice d’exploitation, comme l’a rapporté le Financial Times.

En outre, EY avait déclaré à Wirecard, basée à Munich, qu’un manque de « contexte » pouvait conduire à une mauvaise interprétation, soulignant les incohérences et les aléas entourant une entreprise d’acquisition tierce (TPA) qui effectuerait le traitement des paiements dans des pays où des licences n’ont pas été acquises pour que Wirecard puisse opérer.

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Prémices du scandale

Le rapport d’audit spécial de KPMG a été commandé pour tenter de dissiper les craintes sur les pratiques de Wirecard. A l’époque, Wirecard avait déclaré que les auditeurs avaient trouvé « des faiblesses en matière de documentation et d’organisation » ajoutant toutefois qu’« ;aucune preuve incriminante n’a été trouvée pour les accusations de manipulation de bilan soulevées publiquement ».

En octobre 2019, le Financial Times avait révélé « un effort concerté pour gonfler frauduleusement les ventes et les profits des entreprises de Wirecard à Dubaï et en Irlande, ainsi que pour induire potentiellement en erreur EY ». En réponse, Wirecard avait alors décidé de poursuivre le journal, affirmant que les documents avaient été fabriqués.

C’est finalement en juin 2020 que Wirecard a déposé le bilan à la suite de la divulgation d’un trou de 1,9 milliard d’euros dans ses finances – de l’argent qui n’a pas encore été récupéré, si tant est qu’il ait jamais existé. EY ne voulait pas signer les bilans comptables annuels du fournisseur de services de paiement en raison des fonds manquants.

Débat porté au Bundestag

La société a déclaré que « l’insolvabilité et le surendettement imminents » l’ont forcée à fermer ses portes. Il a été rapporté que les créanciers pourraient être redevables de près de 3,5 milliards d’euros.

L’organisme de surveillance comptable allemand, le Financial Reporting Enforcement Panel (FREP), a nié toute responsabilité dans ce scandale.

« Il a été largement rapporté que l’enquête indépendante entreprise par KPMG a été mandatée par les conseils de gestion et de surveillance de Wirecard », a déclaré EY au Financial Times. « EY Germany n’était pas partie prenante à l’enquête, et KPMG est seul responsable du contenu. »

La commission financière du Parlement allemand doit tenir une réunion ce mercredi sur le scandale des cartes bancaires. Le ministre des Finances, Olaf Scholz, y participera, selon Reuters. Il a été suggéré que M. Scholz était au courant des problèmes de l’entreprise il y a 18 mois.

Source : ZDNet.com

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