Salah Abdeslam s’exprime sur le soir des attentats du 13-Novembre – Le HuffPost

via Associated Press
Salah Abdeslam (à droite) dans un croquis d’audience du procès du 13-Novembre le 8 septembre 2021.

TERRORISME – “Je n’ai tué personne et je n’ai blessé personne”, a affirmé Salah Abdeslam, le principal accusé du procès des attentats du 13-Novembre, au début de son premier interrogatoire sur le fond du dossier ce mercredi 9 février, cinq mois après l’ouverture de l’audience.

“Même une égratignure, je ne l’ai pas faite”, a ajouté le Français de 32 ans, dans une déclaration spontanée à la cour d’assises spéciale de Paris, avant que celle-ci n’entame son interrogatoire. “Depuis le début de cette affaire, on n’a cessé de me calomnier”, a ajouté celui qui est le seul membre en vie des commandos qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015.

Dans les affaires de terrorisme, “les peines prononcées sont extrêmement sévères”, a estimé Salah Abdeslam. “Je comprends que la justice veuille faire des exemples”, mais elle envoie ainsi un “message”, a-t-il poursuivi. 

“A l’avenir, quand un individu montera dans un métro ou un bus avec une valise remplie de 50 kg d’explosifs et qu’au dernier moment il va se dire ‘je vais faire marche arrière’, il saura qu’il n’a pas le droit, sinon on va l’enfermer ou le tuer”, a encore dit le principal accusé. 

Interrogé sur Abdelhamid Abaaoud

Salah Abdeslam, resté quasi mutique pendant les cinq ans d’enquête sur le fond du dossier, ne doit être questionné ces mercredi et jeudi que sur la période antérieure à septembre 2015.

La cour doit notamment interroger Salah Abdeslam sur son basculement dans la radicalité, lui qui avait une réputation de “fêtard”, adepte des casinos et des boîtes de nuit.

Il devrait être aussi entendu sur le séjour en Syrie de son frère Brahim – futur tueur des terrasses parisiennes – début 2015, et sur son ami Abdelhamid Abaaoud, qui deviendra le coordinateur des attentats parisiens. 

La cour devrait également tenter de faire la lumière sur un mystérieux voyage que Salah Abdeslam a lui-même fait en Grèce l’été suivant, avec l’un de ses coaccusés. 

Il était resté mutique de manière quasi constante pendant l’enquête, mais a pris à plusieurs reprises la parole depuis l’ouverture des débats, notamment pour justifier les attentats. 

Depuis le début des interrogatoires des 14 accusés présents devant la cour à la mi-janvier, deux d’entre eux ont exercé leur droit au silence. L’un d’eux, le Suédois Osama Krayem, était de nouveau absent du box des accusés mercredi, après un bref retour mardi. 

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