Royaume-Uni : pour « rassurer » les marchés, Liz Truss renonce à sa réforme fiscale – Le Monde

La première ministre britannique, Liz Truss, le 14 octobre.

A peine plus d’un mois après son arrivée au 10 Downing Street, mais déjà fragilisée dans son propre camp, Liz Truss rétropédale. La première ministre britannique a renoncé vendredi 14 octobre à son projet de ne pas augmenter l’impôt sur les sociétés, comme l’avait prévu le précédent gouvernement de Boris Johnson.

« Il est clair que certaines parties de notre mini-budget allaient trop loin et trop vite par rapport à ce que les marchés attendaient », a déclaré Liz Truss dans une très courte conférence de presse, dans laquelle elle a insisté sur le besoin de « stabilité » pour l’économie britannique. « Je suis absolument déterminée à tenir la promesse que j’ai faite d’obtenir une croissance plus forte, un Royaume-Uni plus prospère, et de sortir de la tempête que nous traversons », a martelé la cheffe du Parti conservateur.

Remaniement au ministère des finances

Liz Truss a aussi confirmé le limogeage vendredi de son ministre des finances, Kwasi Kwarteng, remplacé par Jeremy Hunt, ancien ministre de la santé puis des affaires étrangères. Un remaniement ministériel confirmé par M. Kwarteng lui-même, plus tôt dans l’après-midi, qui a diffusé sur Twitter une lettre adressée à la cheffe du gouvernement. « Vous m’avez demandé de démissionner en tant que chancelier [de l’Echiquier], j’ai accepté », écrivait-il, après à peine plus d’un mois à la tête du Trésor britannique.

Dans cette missive, M. Kwarteng explique qu’il avait accepté le poste en « sachant parfaitement que la situation à laquelle [les tories faisaient] face était incroyablement difficile, avec la hausse des taux d’intérêt dans le monde et les prix de l’énergie ». « Votre vision d’optimisme, de croissance et de changement était la bonne », poursuit-il, répétant que « le statu quo n’est pas une option ».

Liz Truss sur la sellette

En fin de matinée, M. Kwarteng s’était rendu au 10 Downing Street, après être rentré plus tôt que prévu de Washington, où il participait aux réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Jeudi, il s’était dit persuadé qu’il resterait à son poste.

Son plan budgétaire, annoncé le 23 septembre et qui prévoit des dizaines de milliards de livres de baisses d’impôts sans financement clair, a déstabilisé les marchés, fait chuter la livre et profondément affaibli le gouvernement de Mme Truss. Vendredi, le président de la commission du Trésor au Parlement, Mel Stride, a plaidé pour une révision rapide de son « mini-budget ».

Selon la presse britannique, certains députés de son propre camp sont déjà à la manœuvre pour évincer Liz Truss, compte tenu de sondages désastreux qui annoncent une défaite cuisante de la majorité aux prochaines élections générales, prévues en 2024.

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Le Monde

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