Roland-Garros : Djokovic fait tomber le roi Nadal – Le Monde

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Le Serbe Novak Djokovic célèbre sa victoire contre l’Espagnol Rafael Nadal à Roland-Garros, le 11 juin 2021.

En quinze ans et cinquante-sept duels, on croyait avoir tout vu entre les deux joueurs à la rivalité la plus riche de l’histoire de leur sport chez les hommes. Mais à respectivement 34 ans et 35 ans, les deux monstres sacrés ont prouvé qu’ils en avaient gardé sous le pied. Vendredi 11 juin, en demi-finales de Roland-Garros, Novak Djokovic et Rafael Nadal ont enthousiasmé tous les (télé) spectateurs d’un match qui à coup sûr restera dans les mémoires.

Prenant sa revanche sur la finale du tournoi 2020, le Serbe a signé l’un des plus grands exploits de son sport, considéré comme le « défi ultime sur terre battue », comme il le rappelait à la veille du rendez-vous : battre Rafael Nadal sur « son » court Philippe-Chatrier qui l’avait vu sacré par treize fois. « Le meilleur match que j’ai disputé à Roland-Garros et dans le Top 3 de ma carrière », dira le Serbe au terme de plus de quatre heures d’un combat majuscule (3-6, 6-3, 7-6[4], 6-2).

Le numéro un mondial avait déjà réussi à déchoir le roi dans sa forteresse, en quarts de finale de l’édition 2015. Mais il y a six ans, l’Espagnol s’était présenté porte d’Auteuil lesté de sa plus mauvaise saison sur la surface et ce revers contre le numéro un mondial semblait inéluctable. En 2009, quand le Suédois Robin Söderling fut le premier à commettre le crime de lèse-majesté, les genoux du Majorquin grinçaient. Cette fois, le tenant du titre n’avait ni blessure physique ni fissure mentale, la défaite ne souffre aucune équivoque.

Un niveau de jeu insensé

Depuis le tirage au sort, l’affiche aimantait tous les regards : le numéro un mondial et le numéro trois étaient programmés pour se retrouver au pied de la finale. Le 58e épisode de la saga a réuni tous les ingrédients qui avaient manqué huit mois plus tôt dans ce même décor : un niveau de jeu insensé pendant trois sets, une foule dont l’enthousiasme eut raison du couvre-feu et au bout du compte, une issue qui déjoua tous les pronostics.

Le 11 octobre 2020, le scénario de la finale n’avait charrié aucun suspense (6-0, 6-2, 7-5). Le Serbe avait été pris à la gorge dès les premiers échanges par l’Espagnol, alors même qu’on disait les conditions favorables pour lui – toit fermé, terre alourdie par les premiers frimas de l’automne.

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Vendredi, on crut d’abord que le scénario allait se répéter. Le premier jeu dura dix minutes, mais déjà, Nadal affichait une défense de fer et faisait gicler son lift dans la chaleur tombante. Djokovic, trop gourmand en amorties il y a huit mois, déroulait curieusement la même stratégie : sur les cinq tentées dans le premier set, pas une n’échappa au Majorquin.

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