Riposte américaine à la «taxe GAFA»: 100% de surtaxe sur 2,4 milliards de dollars de produits français de luxe – Le Figaro

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L’Administration Trump envisage de taxer les importations de champagne, de sacs à main et de fromages français pour riposter contre la mise en œuvre par la France d’une taxe sur les services numériques. Les produits français de luxe de LVMH et les produits de beauté de L’Oréal qui avaient été épargnés jusqu’à présent par d’autres sanctions américaines autorisées celles-là par l’Organisation mondiale du commerce, au titre des subventions publiques illégales à Airbus, sont donc désormais directement visés.

Bob Lighthizer, représentant du président Trump pour les Affaires commerciales, estime à 2,4 milliards de dollars le préjudice subit par les sociétés américaines comme Google, Amazon, Facebook et Apple, qu’il juge victimes d’une taxe «déraisonnable et discriminatoire». Bob Lighthizer fixe au 7 janvier la date d’auditions publiques de commentaires relatifs aux droits de douane de 100% qu’il prépare sur les biens français. La période durant laquelle les entreprises et groupements intéressés pourront faire connaître leurs positions s’arrêtera le 14 janvier.

Le négociateur de Donald Trump ne précise pas de date effective d’entrée en vigueur des sanctions américaines. C’est une manière de donner une chance à des négociations qui ont en fait déjà commencé, notamment dans le cadre de l’OCDE. Elles visent à harmoniser la manière de taxer les activités de sociétés numériques qui réalisent des profits dans de nombreux pays où elles n’ont pas toujours une présence physique. Un rapport de l’OCDE sur l’avancement de ces discussions est attendu le mois prochain.

«Le représentant du président pour les Affaires commerciales est concentré sur le protectionnisme croissant des États membres de l’Union européenne qui visent de manière injuste les entreprises américaines», explique le communiqué de Bob Lighthizer, accompagnant un rapport d’enquête de 93 pages. La démarche de l’Administration Trump vise aussi explicitement les autres nations comme l’Autriche, l’Italie et la Turquie, qui veulent, comme la France, taxer les géants américains du numérique. En revanche, la déclaration de Bob Lighthizer épargne le Canada et le Royaume-Uni, qui ont pourtant également l’intention de copier plus ou moins la loi française.

La position de l’Administration Trump est largement soutenue par les démocrates au Congrès. «La taxe française sur les services numériques est déraisonnable, protectionniste et discriminatoire», affirment les sénateurs Charles Grassley (républicain de l’Iowa) et Ron Wyden (démocrate de l’Oregon) dans un communiqué commun.

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