Retraites : vif échange entre Emmanuel Macron et un enseignant à Pau – Le Parisien

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Emmanuel Macron a beau se tenir à distance soigneuse de la réforme des retraites, le conflit social a fini par le rattraper, à Pau. Il s’agissait de sa première sortie en région depuis son déplacement à Amiens, les 21 et 22 novembre. Contrairement à son habitude, il n’est pas sorti « au contact » – selon le jargon macronien – des habitants dans les rues de cette ville posée au pied des Pyrénées. Les accès au centre-ville étaient filtrés lundi, à l’occasion d’ un sommet réunissant les cinq dirigeants des pays du Sahel.

C’est en arrivant ce mardi matin au palais Beaumont pour une table ronde sur la transition écologique que le président a été pris à partie par un professeur de mathématiques dans un collège, gréviste depuis huit jours.

« Vous patachonnez dans la tête »

En colère, ce dernier l’interpelle sur les retraites. Réponse du président : « Monsieur, je suis gentil, moi. Vous êtes là, vous criez à partie et vous n’êtes pas sympathique, ni respectueux. Faisant fi de tout ça, je viens vous voir et je parle. Ne me donnez pas de leçon de respect je vous en prie ou appliquez-les à vous-même ! »

L’enseignant réplique : « Pour se faire entendre, il faut parfois crier monsieur Macron. » Le président rétorque du tac au tac : « L’exemplarité est aussi utile », enjoint-il. Son interlocuteur ne se démonte pas : « Ce n’est pas en donnant la Légion d’honneur à BlackRock ( NDLR : Jean-François Cirelli, le président France de cette multinationale américaine spécialisée dans la gestion d’actifs, a été récemment décoré, déclenchant une polémique car elle bénéficierait à plein de la réforme des retraites selon ses détracteurs ) et au président de Sanofi qu’on l’est. »

« Vous patachonnez dans la tête! Vous mélangez tout, ça n’a rien à voir », s’emporte le président. « La réforme des retraites est un cadeau à tous ces gens-là, répond l’enseignant syndiqué. Les gens vont être obligés de cotiser à côté! » « C’est faux! », tonne Macron avant d’entrer dans la salle où l’attendent des élus locaux. Le président, qui devait petit-déjeuner avec François Bayrou ce mardi matin, a été contraint de revoir ses plans car des avocats s’étaient massés devant l’Hôtel de ville de Pau pour manifester contre la réforme des retraites.

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