Retraites : Philippe au charbon, Macron en coulisses… la folle semaine du gouvernement – Le Parisien

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Chacun son rôle et, surtout, chacun son tempo. Si Edouard Philippe est à la manœuvre cette semaine pour tenter de résoudre enfin avec les syndicats u ne crise qui s’éternise sur les retraites, Emmanuel Macron veille au grain en coulisses et se réserve la possibilité d’intervenir faute de « compromis rapide », selon son mot. Et le temps presse : c’est le 24 janvier, soit dans un peu plus de quinze jours, que le texte doit être examiné en Conseil des ministres.

Ce dimanche après-midi, Edouard Philippe a préparé depuis Matignon cette énième semaine marathon qui débutera par le conseil des ministres de rentrée ce lundi, précédé du rituel petit-déjeuner du gouvernement place Beauvau. C’est mardi, jour où la CGT appelle à durcir le blocage des raffineries, que les choses sérieuses débuteront pour le Premier ministre, dès 7h40 avec une intervention sur RTL, puis à 9h30 pour ouvrir le nouveau round de négociations avec les syndicats au ministère du Travail, sous la férule de Muriel Pénicaud.

Le Premier ministre doit y annoncer « un calendrier rapide et précis », selon son entourage. Pourquoi donc ne pas présider lui-même cette réunion? « Ils cherchent à dépolitiser le dossier, à le ramener sur les sujets concrets », décrypte une source. A Muriel Pénicaud donc le dossier de la pénibilité et des fins de carrière, à Laurent Pietraszewski celui de la retraite minimum, à Olivier Dussopt le volet fonction publique.

Chez les députés LREM, la grogne va crescendo

Jeudi, tandis que les manifestants battront de nouveau le pavé à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU, Philippe sera à Matignon. Dans son entourage, on ne désespère pas de trouver un compromis avec la CFDT. A cet égard, Matignon indique qu’Edouard Philippe et Richard Ferrand ont échangé ce week-end sur la piste évoquée sur notre site par le président de l’Assemblée nationale. Laurent Berger était ce dimanche soir à la télévision, surtout pour maintenir la pression : il a annoncé le lancement prochain d’ une pétition contre l’âge pivot. Le leader de la CFDT a également indiqué que son syndicat déciderait ce lundi s’il participe ou pas à la journée d’action de samedi.

En retrait, le chef de l’Etat se tient prêt à intervenir si la situation ne se décante pas. La multiplication des séquences de vœux du Nouvel an dans les dix prochains jours sera pour lui autant d’occasions de s’exprimer si besoin sur les retraites, selon un proche. Conscient que la grogne va crescendo chez les députés LREM, Emmanuel Macron a aussi évoqué en petit comité avant Noël la possibilité de rencontrer les élus de la majorité, même si aucune date et aucun format ne sont calés à ce stade. « C’est dans les tuyaux », glisse une source parlementaire.

Le président réfléchirait aussi, enfin, à la possibilité de recevoir lui-même les partenaires sociaux à l’Elysée, « plutôt pour valider un accord » que pour reprendre la main, selon une source dans l’exécutif. Un macroniste du premier cercle résume l’équation : « Le 31 décembre, Emmanuel Macron a mis l’épée dans les reins d’Edouard Philippe. Mais sous la Ve République, tout finit toujours à l’Elysée ! »

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