Retraites : Laurent Berger et la CFDT ne veulent pas reprendre les discussions car la priorité, « c’est l’emploi » – 20 Minutes

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Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, rencontre le Premier ministre Jean Castex lors d’une réunion avec les partenaires sociaux, le 9 juillet 2020. — Eric Tschaen-Pool / Sipa

A peine nommé, le Premier ministre Jean Castex avait déclaré vouloir « régler à court terme » le dossier des retraites. A priori, cela se fera sans la CFDT. Son secrétaire général Laurent Berger a repoussé ce jeudi toute reprise immédiate des discussions sur cette réforme explosive, après une heure et quart d’entretien avec le nouveau chef du gouvernement.

Pour le patron du syndicat réformiste, « clairement, la priorité aujourd’hui, c’est l’emploi ». « On a clairement dit au Premier ministre que la question des retraites ne devait pas venir polluer la question de la relance », a rapporté Laurent Berger à la presse. « Ce n’est pas le sujet de l’été et de l’automne, a-t-il asséné. La CFDT ne pratique pas la chaise vide, mais si le gouvernement ouvre des concertations sur les retraites cet été ou à l’automne, la CFDT ne s’y investira pas vraiment. »

Jean Castex, Premier ministre « interactif » pour Laurent Berger

Après avoir nourri des relations parfois houleuses avec Edouard Philippe, Laurent Berger s’est félicité de cette prise de contacts avec son successeur « très franche, très ouverte sur la question de la méthode ». « Sur la façon de dialoguer, c’est extrêmement direct, c’est interactif », a poursuivi le secrétaire général de la CFDT, qui attend toutefois des « actes ».

Jean Castex « a très clairement déclaré qu’il voulait faire du dialogue social avec les organisations syndicales et patronales, qu’il ne voulait pas nous mettre de côté », a-t-il ajouté. « Sur la méthode, on est plutôt partant pour avoir ces échanges-là ». Une possible réunion multilatérale doit avoir lieu dans le courant de la semaine prochaine, peut-être le 17 juillet.

Si le fond des dossiers n’a pas été vraiment abordé, « on a senti le Premier ministre prêt à décaler largement » la mise en œuvre du deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage, prévue initialement le 1er septembre et dont les syndicats demandent l’abandon.

FO salue « un signal positif »

Yves Veyrier, secrétaire général de FO, a jugé quant à lui que cette volonté de dialogue était « un signal positif » mais, a-t-il ajouté, « on jugera ce que seront au final les décisions ».

Sur la question des retraites, il a redit qu’il n’était « pas question » d’avoir des mesures d’âge (allongement de la durée de cotisation par exemple), soulignant que les « huit » organisations représentatives syndicales et patronales ont dit : « ce n’est vraiment pas le moment ». Il faut se focaliser « sur les mesures de soutien » à l’emploi et aux salaires compte tenu de la crise sociale, et d’une crise sanitaire qui n’est pas terminée.

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