Réseau cuivre : Orange prend de nouveaux engagements

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Réseau cuivre : Orange prend de nouveaux engagements

Orange sort enfin du bois. Après de longues semaines d’attente, l’opérateur historique vient enfin de donner plus d’éléments sur son grand plan cuivre, dont le bon fonctionnement est régulièrement pointé du doigt, notamment en zone rurale.

Urgence il y a. La situation est critique dans un certain nombre de territoires – comme la Corse, la Drôme, les pays de la Loire ou l’Ardèche – où le déploiement de la fibre n’est encore qu’un mirage et qui dépendent essentiellement d’un réseau cuivre en mauvais état pour leur connectivité. Ce qui a poussé en décembre dernier des élus de ces collectivités à signer une tribune pour déplorer le manque d’entretien du réseau par Orange – délégataire du service universel – ainsi que le fait « que l’ouverture d’une ligne prenne plus de six mois, et la réparation des semaines », alors que l’opérateur est « censé intervenir sous 48 heures ».

« La situation devient aujourd’hui intolérable sur le terrain, où l’on constate une accélération du manque d’entretien et de la dégradation des infrastructures, qui nous a amenés à signer une tribune à la fin de la convention de service universel en décembre dernier », déplorait il y a quelques semaines la députée LREM de la Drôme, Célia de Lavergne, à l’origine d’une mission flash sur ce sujet.

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Une enveloppe de 500 millions d’euros

De quoi pousser Orange à revoir une nouvelle fois sa copie. Après de longues semaines d’attente, l’opérateur historique a en effet annoncé la mise en place de mesures additionnelles pour accompagner les territoires les plus touchés par les dysfonctionnements du réseau cuivre. « On a effectivement un problème mais on va annoncer dans les jours à venir un plan cuivre très ambitieux, massif, avec de nouveaux moyens, qui sera uniquement financé par Orange », reconnaissait le secrétaire général d’Orange, Nicolas Guérin, début avril.

L’enveloppe de départ ne devrait toutefois pas évoluer. Orange consacre chaque année 500 millions d’euros à l’entretien du réseau cuivre. Mais les territoires qui y sont les plus dépendants se verront attribuer des moyens accrus pour faire face aux risques d’avarie du réseau, explique l’opérateur, qui mettra en place des comités locaux dans ces départements afin d’améliorer le dialogue avec les pouvoirs publics.

« Nous avons décidé de maintenir jusqu’en 2023 notre offre de service universel à un coût entièrement supporté par Orange. Dans les territoires les plus touchés par des problèmes de qualité de services sur le cuivre, Orange va lancer 17 plans de renforcement locaux dans 22 départements. Ils mobiliseront des moyens humains et financiers supplémentaires », fait savoir le PDG d’Orange, Stéphane Richard, dans les colonnes du Figaro. Et de prévoir un budget de 10 millions d’euros et 123 embauches pour ce dispositif spécifique.

Si le temps de rétablissement de la ligne est toujours fixé à 48 heures, les personnes touchés par des pannes sur leur téléphone fixe se verront attribuer un téléphone mobile dans les 24 heures, sans surcoût. Orange promet également de créer un réseau Wi-Fi local reposant sur de la connectivité satellitaire en cas de panne. Au total, sur les 500 millions d’euros budgétés par l’opérateur en 2021 à ce sujet, 100 millions seront alloués à la maintenance préventive du réseau, tandis que les 400 millions d’euros restants iront à la gestion des incidents et autres avaries naturelles, ainsi qu’à la gestion des actes de malveillance.

L’adoption de la fibre continue

De quoi permettre à l’opérateur de se consacrer plus pleinement encore à la bascule du cuivre vers la fibre, un chantier dans lequel la France a pris beaucoup d’avance sur l’ensemble de ses partenaires européens. Après avoir déjà battu tous les records de déploiements en 2020 malgré la crise sanitaire, le déploiement de la fibre sur le territoire français devrait de nouveau franchir un palier en 2021, alors que 6,2 millions de prises devraient être déployées au cours de l’année.

Fait assez rare pour être souligné, la filière en charge du déploiement de la fibre s’est même permis le luxe de dépasser les objectifs gouvernementaux en la matière, avec des prévisions de 87 % de logements raccordés à la fibre en 2022 au lieu des 80 % initialement souhaités par les pouvoirs publics. Sur les 6,2 millions de prises attendues en 2021, 3,6 millions seront situées en zones RIP, contre 1,8 million en zones AMII, 0,5 million en zones très denses et 0,4 million en zones AMEL.

Pour 2022, la filière table sur un ralentissement de ce rythme, avec 5,8 millions de prises déployées lors de cet exercice, avec une majorité de prises encore installées en zone RIP. Résultat des courses : 40,6 millions de logements disposeront de la fibre optique en 2025. Ce qui laissera un « reste à déployer » de l’ordre de 6,5 millions de prises à installer pour arriver à la complétude des réseaux.

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