Reprise des cultes : « Même après l’avis du Conseil d’État, nous allons rester prudents » – Journal La Croix

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Considérez-vous cet avis du Conseil d’État comme une bonne nouvelle pour les cultes ?

Mohammed Moussaoui : Disons que cette clarification était nécessaire. Car nous avions du mal à comprendre ce que recouvrait l’expression d’« interdiction absolue » concernant les réunions dans les lieux de culte. Deux ou trois personnes, était-ce déjà trop ?

J’imagine que quand le Conseil d’État dit que cette interdiction était disproportionnée, il fait référence aux rassemblements de seulement quelques personnes, et considère qu’il est possible de mettre des conditions moins contraignantes tout en respectant les mesures sanitaires.

Pensez-vous que cet avis puisse ouvrir la voie à de grands rassemblements dans les jours à venir ?

M. M. : Non, car la situation sanitaire reste précaire. De toute façon, nous restons dans l’expectative de ce que le gouvernement va annoncer dans les jours à venir : d’ici huit jours, il devra avoir annoncé des mesures moins strictes.

Cela pourrait-il infléchir votre position concernant l’Aïd El Fitr, la fête qui marquera la fin du Ramadan le 24 mai et dont vous aviez initialement annoncé qu’elle ne pourrait pas se tenir publiquement ?

M. M. : Nous restons sur notre position initiale, qui est celle de la prudence. Comme le CFCM l’a encore rappelé dans un communiqué publié le 11 mai, nous invitons les musulmans de France à se préparer à célébrer très probablement la prière de l’Aïd chez eux, en famille.

Reprendre nos activités cultuelles à l’occasion d’un grand rassemblement nous semble en effet risqué. Une reprise progressive, notamment avec des prières journalières rassemblant peu de fidèles, nous permettrait de nous habituer : nous gérerons ainsi des flux réduits avant de gérer des flux plus importants. Il est en effet très difficile de respecter la distanciation physique avec un nombre important de fidèles.

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