REPORTAGE. Guerre en Ukraine : depuis le port de Constanta, les Roumains scrutent la situation à Odessa – franceinfo

Nelly et Dan profitent d’une éclaircie pour se promener sur le célèbre front de mer de Constanta, en Roumanie, mais ils ont du mal à se changer les idées. “Mes enfants sont en Allemagne, ils ne vivent pas en Roumanie, explique Nelly. Ils nous téléphonent cinq fois par jour pour savoir si ça va.” Depuis cette ville portuaire roumaine, on suit la situation ukrainienne de très près. Odessa n’est qu’à 300 kilomètres et le grand port de la mer Noire est un nouveau point d’inquiétude dans la guerre en Ukraine

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Les Roumains suivent la situation avec attention car les chars russes se rapprochent d’Odessa. Si la ville tombe, les Russes se retrouveront très vite à leur frontière. Dès ce week-end, les Roumains ont dévalisé les banques pour prendre des euros et des dollars. Les autorités locales à Bucarest ont demandé aux habitants de nettoyer leurs caves ou de repérer d’autres abris près de chez eux.

“Je ne peux pas quitter ma ville, mon pays et partir ailleurs, c’est dur, très dur.”

Dan, habitant de Constanta

à franceinfo

Nelly et Dan ont tenté eux mêmes d’aider les réfugiés, ils ne se voient pas quitter leurs ville. “Nous aussi on est inquiets, on est très agités, confirme Dan. On n’a aucune garantie que Poutine s’arrêtera. C’est vrai qu’avec la base de l’Otan à coté, on a un sentiment de sécurité mais on ne peut s’empêcher de penser à la troisième guerre mondiale.” A une vingtaine de kilomètres de Constanta, la base militaire roumaine Mihail-Kogalniceanu a été mise à disposition de l’Otan. C’est là que plusieurs milliers de militaires de l’alliance, dont 500 Français, ont été positionnés.

Mircea observe au loin les cargos. Une trentaine de navires font la queue à l’entrée du port. Toute sa vie, Mircea a navigué sur ces vraquiers, alors il a l’œil : “Peut être que parmi eux, il y en a quelques uns qui devaient aller à Odessa, parce que le port est fermé.” Il se dit plutôt tranquille mais l’atmosphère a un peu changé autour de lui. “Il n’y a pas de problème pour l’instant mais les gens commencent à se poser des questions et se demandent qu’est ce qu’il va se passer la semaine prochaine, ou dans un mois. Nous devons être attentifs”, insiste Mircea.

Mircea ne croit pas en une invasion russe en Roumanie, protégée par les forces de l’Otan à quelques kilomètres de chez lui. “J’espère qu’ils ne seront pas si fous de passer la frontière”, lance-t-il. Mais au cas où, il sait où se réfugier : “J’habite dans un bloc et nous avons un abri contre les attaques aériennes. Si cela est nécessaire, nous pouvons y aller.” Mircea pense à sa douzaine d’amis dans les ports d’Odessa et de Marioupol dont il n’a pas de nouvelles.

Depuis le port de Constanta, les Roumains scrutent la situation à Odessa – le reportage de Mathilde Dehimi

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