Rémy Daillet, figure du complotisme, mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » – Le Monde

Rémy Daillet avant son audition devant le juge des libertés et de la détention au palais de justice de Nancy, le 16 juin 2021.

Rémy Daillet, figure du complotisme français de 54 ans, a été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et placé en détention provisoire, vendredi 22 octobre, selon une source judiciaire. Déjà mis en examen en juin pour « complicité d’enlèvement d’un mineur de 15 ans commis en bande organisée » et « association de malfaiteurs » dans l’affaire du rapt de Mia – une fillette de 8 ans retrouvée saine et sauve – et placé en détention provisoire, il a été extrait de sa cellule, mardi 19 octobre, pour être placé en garde à vue et interrogé dans les locaux de la direction générale de la sécurité intérieure.

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Il est cette fois soupçonné d’être « l’inspirateur » d’un groupe projetant de « renverser les institutions » et envisageant, pour ce faire, une série d’actions violentes, dont un attentat contre une loge maçonnique ou des attaques contre des ministères, des antennes 5G, des centres de vaccination, des journalistes et des personnalités, selon une source proche de l’enquête. Rémy Daillet aurait joué un rôle moteur, par la diffusion de ses vidéos et théories incitant au « renversement », mais aussi « plus opérationnel, notamment en choisissant des gens », ajoute cette source. Sa secrétaire, âgée de 67 ans a, elle aussi, été mise en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle », mais elle a été placée sous contrôle judiciaire.

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Dans ce dossier confié au pôle antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris, douze autres personnes ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » depuis l’ouverture de l’information judiciaire, en mai. Le premier coup de filet avait ciblé un groupuscule néonazi, Honneur et nation, mais le champ des investigations a rapidement dépassé ce petit cénacle d’extrême droite pour s’intéresser à des profils plus hétéroclites, menant jusqu’à Rémy Daillet. S’il n’est pas en contact « direct » avec l’ensemble des mis en cause, les enquêteurs soupçonnent cependant ce dernier d’être « à la tête d’un groupe plus global » visant ce qu’il considère être un « Etat oppresseur » en s’attaquant à des symboles.

« Renversement pacifique et populaire »

Selon son avocat, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, Rémy Daillet n’avait « aucune connaissance de l’existence de ce mouvement et de ses activités » : « Le groupuscule Honneur et nation n’a aucun rapport avec La Nouvelle France, le mouvement politique de Rémy Daillet, qui appelait au “renversement pacifique et populaire” du gouvernement français. »

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