Relance, santé, climat, éducation : les grands chantiers qui attendent le gouvernement Castex – Le Monde

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Le premier ministre, Jean Castex, avant le conseil des ministres au palais de l’Elysée à Paris, le 7 juillet.

Au printemps 2019, dans le sillage des révoltes des « gilets jaunes » et du grand débat organisé pour les désamorcer, Emmanuel Macron théorisait l’entrée dans l’acte II de son quinquennat. Après la déflagration de l’épidémie de Covid-19, le quinquennat donne tous les signes d’être entré dans le troisième, quoique sa dénomination officielle soit plutôt « nouveau chemin ». Emmené par le gouvernement de Jean Castex, ce troisième acte pourrait aussi être le dernier, une sorte de ligne droite jusqu’à 2022. Cela rangerait la présidence, si l’on en croit les usages du théâtre, dans la famille des comédies en trois actes. A moins qu’elle n’en compte cinq, comme une tragédie classique.

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Après trois ans de réformes à un rythme soutenu, le gouvernement Castex est en tout cas confronté à une situation sociale, économique et sanitaire exceptionnellement dégradée.

Nombre des chantiers des actes I et II ont été mis en pause : celui des retraites d’abord, sans doute le plus difficile à relancer politiquement. D’autres réformes, comme celle de l’assurance-chômage, ont été partiellement suspendues ou reportées, en attendant une remise à plat. D’autres enjeux encore, sans être nouveaux, ont été érigés avec la crise en priorité : la santé et l’hôpital public.

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L’exécutif est aussi attendu sur l’écologie, enjeu majeur dans les préoccupations et les votes des Français. Et de grands chantiers symboliques, comme l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, sont à l’arrêt. Pour les deux années à venir, l’agenda s’annonce donc chargé, quoique « sélectif », conformément au vœu de Jean Castex.

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  • Refonder le système de santé à l’aune de la crise

C’est le premier défi que doit relever en urgence le nouveau premier ministre. Tout juste nommé, Jean Castex s’est engagé à boucler d’ici à la fin de semaine le Ségur de la santé, ce processus de concertation lancé le 25 mai visant à « refonder le système de santé » et à revaloriser les salaires des personnels hospitaliers.

Pour arracher un accord avec les syndicats, le chef du gouvernement a d’emblée frappé un grand coup. Mardi 7 juillet, il s’est invité à la dernière séance des négociations sur les rémunérations des personnels hospitaliers (hors médecins) et a ajouté 1,1 milliard d’euros aux 6,4 milliards mis sur la table par le ministre de la santé, Olivier Véran, portant l’enveloppe sur ce seul poste à 7,5 milliards d’euros. Un montant qui pourrait permettre une revalorisation socle mensuelle de 175 euros, selon les calculs de la CGT, pour qui une telle augmentation est encore « nettement insuffisante », loin des 300 euros demandés. Jean Castex aurait également proposé la création de 8 000 postes supplémentaires à l’hôpital. Un geste là aussi jugé encore insuffisant.

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