Régionales en Paca : le RN Mariani donné gagnant quel que soit le scénario face au LR Muselier – Le Figaro

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SONDAGE EXCLUSIF – Le candidat lepéniste progresse, selon une étude Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI. Il a de sérieuses chances de remporter la région, même en cas de retrait de la gauche entre les deux tours.

Longtemps, Jean-Marie Le Pen a fait de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) son fief électoral. Mais de l’église Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille, à la promenade des Anglais, à Nice, le fondateur du Front national (FN) en campagne ne se berçait guère d’illusions : il se complaisait dans son rôle de bruyant opposant. Le rêve d’une victoire lepéniste, envisagée pour la première fois en 2015 par sa petite-fille députée, Marion Maréchal, se brisa sur le retrait du socialiste Christophe Castaner, adepte du front républicain.

Six ans après, un succès historique du parti de Marine Le Pen dans la région n’a jamais paru aussi probable. À quelques jours des élections régionales des 20 et 27 juin, la dernière enquête Ifop-Fiducial pour Le Figaro et LCI l’atteste : le candidat du Rassemblement national (RN), Thierry Mariani, donné en tête au premier tour (41 % des intentions de vote), vaincrait au second le président (Les Républicains, LR) sortant, Renaud Muselier.

Dans tous les cas de figure, y compris si la gauche s’effaçait entre les deux tours pour tenter de lui faire barrage. Le RN gagnerait alors d’un cheveu, avec 51 % contre 49 % – des niveaux dans la marge d’erreur du sondage. L’incertitude reste totale face à ce duel à enjeu national.

Droite divisée

Que s’est-il passé en Provence-Alpes-Côte d’Azur ? Dans cette région de plus de 5 millions d’habitants, stratégique pour la droite, la recomposition politique a fait son œuvre : le front républicain s’affaisse, la droite locale se divise entre partisans et opposants à un rapprochement avec La République en marche (LREM), et les «Le Pen» se sont effacés derrière le visage de Thierry Mariani, un ex-ministre de Nicolas Sarkozy, symbole de l’« ouverture » voulue par Marine Le Pen.

Résultat, les électeurs apparaissent désorientés par la nouvelle offre politique. Renaud Muselier, soutenu par LR et LREM, qui a renoncé à présenter la secrétaire d’État Sophie Cluzel, attire 91 % des soutiens du parti d’Emmanuel Macron au premier tour. Son concurrent issu de son camp parvient pour sa part à dynamiter l’électorat de droite : 35 % des sympathisants LR disent se rallier à lui.

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« Thierry Mariani bouleverse toute la sociologie traditionnelle du vote RN », note le directeur général de l’Ifop, Frédéric Dabi. Une forte proportion de seniors (38 % au premier tour), mais aussi de cadres et professions intellectuelles supérieures (CSP+, 33 %), d’habitude fortement sous-représentés dans l’électorat RN, ont l’intention de voter pour lui.

Paysage politique inédit

Face à ce paysage politique inédit, la gauche, à la tête de la région de 1998 à 2015, se retrouve en position de faiblesse – son numéro un, l’écologiste Jean-Laurent Félizia, est crédité de 17 % des intentions de vote au premier tour. Elle se prépare à un dilemme entre les deux tours.

Faut-il se maintenir pour exister dans l’hémicycle régional, hypothèse qui donne Thierry Mariani gagnant (44 %), devant Renaud Muselier (36 %) et la gauche (20 %) ? Ou s’effacer de nouveau, quitte à n’avoir aucun élu pour les six prochaines années, sans pour autant être assuré d’une défaite du RN ?

Dans cette campagne au résultat incertain, les deux principaux concurrents, «frères ennemis» issus de la droite, ont prévu de déployer jusqu’au bout leurs stratégies divergentes. Thierry Mariani parie sur son passé de ministre pour tenter de rassurer les décideurs économiques et le monde culturel.

Renaud Muselier alerte pour sa part sur l’écho national d’un succès du RN dans la région, à un an de l’élection présidentielle. Le Marseillais a prévenu, dimanche, dans le JDD : «La perte de Provence-Alpes-Côte d’Azur peut conduire à la mort de la droite. » Avant d’ajouter, volontiers alarmiste : « Tout l’équilibre démocratique français serait en danger. »

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