Régionales 2021: Quelles alliances et désistements après les résultats? – Le HuffPost

Spread the love
FRED TANNEAU via AFP
Quelles fusions et alliances vont se négocier après les résultats aux élections régionales?

ÉLECTIONS – Jamais, dans l’histoire de la Ve République, les Français n’ont autant boudé les urnes: moins d’un tiers d’entre eux ont voté le dimanche 20 juin au premier tour des régionales et départementales 2021, marqué par la solidité des présidents de région sortants (comme Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Valérie Pecresse ou encore Carole Delga) et un résultat du Rassemblement national (RN) et de La République en marche (LREM) loin de leurs espérances.

Suivez en direct ci-dessous (et après la carte des résultats) les réactions et développements après l’annonce des résultats. Les tractations commencent, et s’étaleront jusqu’à mardi 18h, pour négocier des alliances, fusions ou retraits de listes pour le second tour, notamment en PACA, région où le RN est le mieux placé. Rafraîchissez régulièrement la page pour avoir les dernières informations. 

***

14h30: Union derrière Bayou en Île-de-France

Julien Bayou a annoncé être parvenu à un accord pour rallier sa liste les deux autres candidates de gauche présente au premier tour: la socialiste Audrey Pulvar et l’insoumise Clémentine Autain.

14h: Jacob demande “le retrait des listes de la majorité” dans 3 régions 

Le président des Républicains Christian Jacob a demandé “le retrait des listes de la majorité présidentielle” de Marc Fesneau, François de Rugy et Denis Thuriot pour éviter “un risque de gouvernance avec l’extrême gauche” dans trois régions.

“Nous souhaitons éviter partout que l’extrême droite ou l’extrême gauche arrivent au pouvoir. Or il y a un risque de gouvernance avec des équipes de l’extrême gauche ou des Verts extrémistes dans un certain nombre de régions”, a fait valoir le patron de LR à l’issue d’un Conseil stratégique du parti. 

C’est pourquoi “dans les Pays de la Loire, nous demandons à M. de Rugy de se retirer” et “en Centre-Val-de-Loire nous demandons à M. Fesneau de se retirer également”, ainsi qu’”à M. Thuriot en Bourgogne-Franche-Comté”, a-t-il ajouté.

12h40: Fusion des listes PS-PCF et EELV-LFI en Centre-Val de Loire

Le président sortant de la région Centre-Val de Loire François Bonneau (PS), arrivé en tête du premier tour des régionales (24,81%), a annoncé la fusion de sa liste PS-PCF avec celle EELV-LFI portée par Charles Fournier (10,85%). “Nous sommes en finalisation de cet accord. La forme écrite est quasiment achevée”, a expliqué François Bonneau à l’AFP, appuyant sa volonté de reconduire l’actuelle majorité régionale.

“Les équilibres du premier tour se retrouveront dans la liste que je vais conduire”, a précisé le socialiste depuis son local de campagne orléanais. “Un peu plus de deux tiers” de la liste du second tour sera donc issue de la formation PS-PCF du candidat sortant, a-t-il insisté, une proportion confirmée par l’équipe de campagne EELV. “Une dynamique se met en place derrière ce rapport de force-là”, a estimé François Bonneau.

A droite et au centre, un éventuel rapprochement des listes conduites par Nicolas Forissier (LR) et Marc Fesneau (MoDem-LREM) n’était pas encore concrétisé à la mi-journée, a indiqué à l’AFP l’équipe du député LR de l’Indre. Lors du premier tour, Nicolas Forissier a recueilli 18,82% des voix, derrière le candidat RN Aleksandar Nikolic (22,24%), mais devant le candidat de la majorité présidentielle, le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau (16,65%).

11h: Le “bloc social et écologique” peut remporter au moins sept régions selon Faure

Le “bloc social et écologique” peut remporter au moins sept régions dimanche, a estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure sur RTL. “Je pense que nous pouvons gagner sept régions dimanche prochain, cinq régions déjà détenues par la gauche (où les présidents PS sortants sont tous en tête, ndlr) et deux régions, Pays de la Loire et Ile-de-France, où nous pouvons l’emporter”, a-t-il affirmé. Dans ces deux dernières régions, ce sont les candidats écologistes qui sont arrivés en tête de la gauche, et vont donc mener la liste d’union. 

Olivier Faure estime qu’il “n’est pas impossible” qu’un “sursaut démocratique” des électeurs ait lieu entre les deux tours. Dans ce cas, “la Normandie n’est pas inaccessible, et y compris d’autres régions peuvent devenir des enjeux à la condition d’une mobilisation très forte de celles et ceux qui se reconnaissent dans ce bloc social et écologique”, a-t-il poursuivi.

“Beaucoup nous ont dit ‘on ne supporte plus les divisions’. Et bien au 2e tour, il n’y aura pas de divisions, il y aura un élan créé par ce rassemblement et je souhaite qu’il porte ses fruits et que dimanche prochain nous ayons d’autres surprises positives”, a-t-il ajouté. 

10h10: Le candidat LREM se maintient au 2nd tour, vers une quadrangulaire en Bourgogne-Franche-Comté

Le candidat de la majorité présidentielle, Denis Thuriot, a annoncé le maintien de sa liste LREM au second tour de l’élection régionale en Bourgogne-Franche-Comté, ouvrant la voix à une quadrangulaire. “Nous avons décidé d’être présents au second tour des élections régionales”, a fait savoir dans un communiqué le maire de Nevers, quatrième du premier tour avec 11,69% des suffrages.

Sa décision intervient après le “refus de la présidente sortante de constituer un arc politique républicain, préférant le sectarisme d’un accord rétréci avec les communistes et les verts”, a-t-il précisé, estimant que “ce choix exclura une grande partie des Bourguignons Francs-comtois”.

En tête du premier tour avec 26,52% des suffrages, la présidente sortante Marie-Guite Dufay a appelé de ses vœux un large rassemblement à gauche, mais a exclu toute alliance avec LREM malgré les sollicitations répétées du parti présidentiel. La socialiste a évoqué sa volonté de faire alliance avec la liste EELV de Stéphanie Modde (10,34%). Les deux femmes ont annoncé la tenue d’une conférence de presse commune lundi à Dijon à 14H00.

10h: Pas de fusion de listes ni à droite ni à gauche dans le Grand-Est

Les divisions du premier tour des régionales dans le Grand Est perdureront au second, la liste écologiste d’Eliane Romani ayant annoncé qu’elle ne fusionnerait pas avec celle d’Aurélie Filipetti (ex-PS), tandis qu’à droite, deux listes se maintiennent également.

“Nous avons tendu la main aux personnes pouvant se reconnaître dans un projet partagé, avec l’espoir de réunir nos forces et bâtir un avenir commun. Nous regrettons que cet espoir se soit heurté à une conception différente de la vie politique et du respect du travail collectif”, a déclaré dans un communiqué Eliane Romani, dont la liste est arrivée en troisième position, derrière celles de LR et du RN, avec 14,6% des voix. Soutenue par Générations et LFI, Aurélie Filipetti a enregistré un score de 8,64%, en dessous du seuil de 10% nécessaire pour se maintenir au second tour.

A droite, la liste LR du président sortant Jean Rottner, arrivée largement en tête avec 31,15%, se retrouvera de nouveau en concurrence avec celle de la ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert, ex-LR soutenue par la majorité présidentielle, qui a obtenu seulement 10,77%. Dès dimanche soir, Jean Rottner avait rejeté l’idée d’une fusion des listes, Brigitte Klinkert choisissant de maintenir la sienne après une brève hésitation. 

9h20: “L’appel solennel” de Castex aux Français: “votez”

Dans un tweet, le premier ministre Jean Castex demande de “combattre” l’abstention, qui a atteint un niveau historique au premier tour des régionales et départementales et “fait perdre la démocratie”. Il lance donc un “appel solennel” aux Français pour le second tour: “dimanche prochain, votez!”.

8h30: Orphelin et Garot fusionnent pour tenter de faire basculer les Pays de la Loire à gauche

Si l’actuelle présidente LR de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais, est arrivée largement en tête du premier tour dimanche avec 34,29% des voix, ses opposants n’ont pas renoncé à la faire chuter. Le candidat écologiste Matthieu Orphelin (18,70%) et le socialiste Guillaume Garot (16,31%) ont scellé rapidement, et sans grande surprise, une alliance dans la soirée. “Nous formerons dès demain une seule équipe, une même équipe qui se mobilisera toute la semaine pour convaincre et aller chercher la victoire”, a déclaré Matthieu Orphelin à l’édition locale de 20minutes. “Rien n’est joué. L’écologie et le gauche peuvent gagner les Pays-de-la-Loire”.

Derrière, deux autres candidats ont annoncé qu’ils se maintiendront au deuxième tour: l’ancien ministre et président de l’Assemblée nationale, François de Rugy (LREM – 11,97% des suffrages) et le candidat du Rassemblement National, Hervé Juvin, et ses 12,53%. Christelle Morançais a écarté toute alliance avec François de Rugy, affirmant: “ma liste du premier tour sera la même pour le deuxième tour”.

8h: Julien Bayou menace d’exclure Jean-Laurent Felizia s’il ne se retire pas en Paca

Jusqu’au-boutiste pour tenir la ligne du front républicain, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou a confirmé ce lundi matin sur franceinfo que la liste de Jean-Laurent Felizia, tête de la liste Rassemblement écologiste et social, “n’aura pas le soutien d’EELV” si elle se maintient au second tour des régionales dimanche prochain. “On ne peut pas jouer cette élection aux dés, le risque Rassemblement national est trop élevé”, a-t-il déclaré. Envisage-t-il d’aller jusqu’à l’exclure? “Oui, bien sûr, avec toutes les conclusions qui doivent être tirées”.

7h30: En Martinique, le président sortant devancé, 4 listes en mesure de se maintenir

La liste conduite par le député Serge Letchimy (DVG) est arrivée en tête dimanche au 1er tour du scrutin territorial en Martinique avec 31,66% des suffrages devant celle du président sortant, l’indépendantiste Alfred Marie Jeanne qui a obtenu 25,80%. Jean Philippe Nilor, député du sud, dissident du mouvement indépendantiste termine à la troisième place avec 12,01% des suffrages. La sénatrice divers gauche Catherine totalise 10,63% des suffrages. Les électeurs ont, une fois encore, manifesté leur désintérêt pour ce scrutin puisque près de 68% d’entre eux ont boudé les urnes.

Quatre listes sur 14 sont donc en mesure de se maintenir au second tour. Aucun des prétendants au fauteuil de président n’avait dévoilé sa stratégie pour le second tour dimanche soir.

7h: ​Les sortants en tête à La Réunion, en Guyane et en Guadeloupe

À La Réunion, le divers droite Didier Robert, président sortant de la région, a terminé en tête du premier tour des régionales avec 31,10% des suffrages dimanche soir, dans un contexte de forte abstention (63,56%). Derrière lui, Huguette Bello, la maire divers gauche de Saint-Paul (ouest de l’île) et Ericka Bareigts, la maire PS de Saint-Denis, se placent respectivement en deuxième et troisième position avec 20,74% et 18,48%.

Sur les 11 listes en lice, ces trois candidats sont les seuls à pouvoir se maintenir au second tour dans cette île de l’océan Indien. Le total des voix de gauche, qui n’avait pas réussi son union, dépasse celui de Didier Robert. Didier Robert, à la tête d’une liste d’union des droites et des centres, a été condamné le 21 mai dernier à 15 mois de prison avec sursis et à trois ans d’inéligibilité dans une affaire de prise illégale d’intérêt. Il a cependant fait appel, ce qui lui a permis de mener cette campagne.

En Guyane, le président Rodolphe Alexandre (DVG) est arrivé largement en tête avec 43,72 % des suffrages exprimés, sans obtenir la victoire qu’il espérait dès cette première échéance. Ses adversaires ont critiqué le maintien de l’élection en raison d’un contexte sanitaire difficile sur ce territoire français d’Amérique du Sud où perdure une troisième vague de l’épidémie de Covid-19 avec un taux d’incidence moyen autour de 300 cas sur 7 jours pour 100.000 habitants depuis au moins 2 semaines.

Le maire amérindien de la petite commune d’Awala Yalimapo sur le littoral Nord Ouest arrive en 3e position avec 23,34% des suffrages exprimés. Soutenu par l’ex-Garde des sceaux, la Guyanaise Christiane Taubira, quelques jours avant le scrutin, il ne l’emporte que sur sa commune.

En Guadeloupe, le président sortant, Ary Chalus (LREM), a raté de peu une réélection dès le premier tour, avec 49,31% des suffrages, loin devant la liste de la présidente socialiste du département Josette Borel Lincertin (17,38%). Surprise de ce premier tour, Ronald Selbonne, porte-parole de l’Alyans Nasyonal Gwadloup (nationalistes), arrive en troisième position. 

Comme ailleurs, ce scrutin où 12 listes étaient en lice, a été marqué par une très forte abstention avec un taux de participation de 30,85% contre 47,21% en 2015, après une campagne électorale émaillée d’enquêtes politico-financières avec plusieurs candidats placés en garde à vue ces dernières semaines, parmi lesquels Ary Chalus.

 “Bougez-vous!” Quand le RN sermonne ses électeurs déserteurs

“Nos électeurs ne se sont pas déplacés, j’appelle au sursaut”. Comme Marine Le Pen, les candidats du RN ont tous déploré l’abstention historique pour expliquer leurs scores décevants lors de ce premier tour des élections régionales. Une déception qui s’est parfois exprimée avec une certaine vigueur à l’égard de ces électeurs déserteurs, les candidats RN qualifiés pour le second tour n’hésitant pas à interpeller directement leurs sympathisants. 

4h30: Où la droite a fait ses meilleurs scores

Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand superstars, les sortants en position favorable (hormis Renaud Muselier en Corse). Voilà pour les points positifs de la droite qui a cependant eu du mal dans les terres qu’elles ne détenait pas. Exemple en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie où les candidats dépassent à peine 11%.

Carte réalisée sur la base des estimations Ipsos pour France Télévisions, Radio France et La Chaîne parlementaire.

Made with Flourish

4h: En Paca, EELV retire son soutien à Jean-Laurent Felizia

Le bureau exécutif d’EELV a choisi dimanche soir de “faire barrage” au Rassemblement national (RN) en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et de retirer son soutien à l’écologiste Jean-Laurent Felizia, qui souhaitait se maintenir après être arrivé troisième au premier tour des régionales derrière le RN Thierry Mariani et le sortant LR Renaud Muselier.

“Réuni ce soir en bureau exécutif, Europe Ecologie-Les Verts appelle à faire barrage à l’extrême droite en PACA et ne soutiendra pas la liste du ‘rassemblement écologique et social’ si elle venait à se maintenir”, a-t-il indiqué sur Twitter. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faudra, a également appelé au retrait de la liste.

22h: Anne Hidalgo appelle à voter Julien Bayou en Île-de-France

La maire socialiste de Paris et potentielle candidate à la présidentielle appelle “la gauche et les écologistes, première force politique du pays, à se rassembler partout pour le second tour”. “Cela nous donne une responsabilité immense pour préparer l’avenir du pays et construire l’alternance”, dit-il aussi. En Île-de-France, elle appelle à soutenir le candidat d’EELV Julien Bayou. 

Estimation Ipsos pour France Télévisions / Radio France / La Chaîne Parlementaire

1- Valérie Pécresse (LR) 34,2%
2- Jordan Bardella (RN) 14,6%
3- Julien Bayou (EELV) 12,9%
6- Clémentine Autain (LFI-PCF) 11,4%
4- Laurent Saint-Martin (LREM)10,8%
5- Audrey Pulvar (PS) 10,6%
7- Victor Pailhac (écologiste) 2,2%
8- Nathalie Arthaud (LO) 1,8%
Autres listes: 1,5% 

20h25: Le rapport de forces national

Au niveau national, deux tendances se dégagent: le bloc de droite et le bloc de gauche font de bien meilleurs scores que Le Rassemblement national et que La République en Marche, très loin avec ) peine plus de 10% des voix. Vu par l’Ifop, cela donne un bloc de gauche largement en tête.

20h: L’abstention devrait atteindre entre 66 et 68,6%

Au regard du taux de participation historiquement faible enregistré à 17h, les instituts de sondage anticipent une abstention record d’ici 20h, oscillant entre 66,5% et 68,6%. Selon Ipsos/ Sopra Steria, l’abstention devrait atteindre 66,1% tandis que l’institut Harris Interactive l’évalue à 68,6% à l’heure de la fermeture des derniers bureaux de vote. Pour l’Ifop, l’abstention devrait s’établir autour de 68%. Jusqu’à présent, l’abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%.  

À voir également sur Le HuffPost: Dans les Hauts-de-France, Bertrand pense avoir “brisé les machoires du RN”

Leave a Reply