Régionales 2021 : Marine Le Pen et le RN incapables de briser le plafond de verre – Le Monde

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Marine Le Pen à la sortie du bureau de vote, au second tour des élections régionales, à Henin Beaumont (Pas-de-Calais), le 27 juin 2021.

La défaite est cuisante pour le Rassemblement national (RN). La mauvaise dynamique du parti d’extrême droite au premier tour s’est clairement confirmée au second, dimanche 27 juin, et fragilise Marine Le Pen, à la veille du 17e congrès du parti, les 3 et 4 juillet.

« Une séquence électorale n’est jamais sans conséquences et sans enseignements, convenait la présidente du RN au dernier jour de la campagne du premier tour, le 19 juin. Evidemment que les régionales vont apporter leur lot d’enseignements. Elles vont confirmer que le RN est plus fort que jamais. » Il l’est au contraire sensiblement moins qu’aux régionales de 2015, et Marine Le Pen, qui voyait dans « cette théorie fumeuse du plafond de verre » – l’impossibilité du RN d’accéder aux responsabilités – « un argument pour rassurer les petits enfants », va devoir être plus prudente.

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Dans sept régions, le RN n’augmente qu’insensiblement son score du premier tour – à l’exception de Laurent Jacobelli qui a gagné 6 points dans le Grand-Est, mais en raison du report quasi mécanique des 6,95 % des voix obtenues par Florian Philippot, le leader des Patriotes et ancien numéro deux du Front national.

La seule région dans laquelle le RN était arrivé en tête à l’issue du premier tour (36,38 % des suffrages le 20 juin), Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), a vu sa tête de liste Thierry Mariani (42,70 % dimanche) se faire battre sèchement par Renaud Muselier, candidat Les Républicains (LR), qui obtient 57,7 % des voix, alors que les deux hommes étaient encore donnés au coude-à-coude dans les sondages de l’entre-deux-tours.

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« Alliances contre-nature »

Dans quatre régions, les têtes de liste font même moins bien que leur score du 20 juin. Dans les Pays de la Loire et en Auvergne-Rhône-Alpes, les deux candidats du « parti localiste » liés au RN, Hervé Juvin et Andréa Kotarac, perdent chacun un point, tout comme Gilles Pennelle en Bretagne, un territoire traditionnellement rétif au parti d’extrême droite.

Mais la défaite la plus difficile a été infligée en Ile-de-France au numéro deux du RN, le député européen Jordan Bardella qui n’obtient que 11,8 % des suffrages, contre 13,14 % au premier tour. C’est aussi nettement moins qu’en 2015 : son aîné, Wallerand de Saint-Just, avait obtenu 18,51 % au premier tour, puis 14,02 % au second. La campagne du vice-président du RN, centrée sur l’insécurité et sur les départements ruraux de la région, n’a visiblement pas convaincu.

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