Régionales 2021: les mauvais résultats du RN liés à un “problème d’incarnation” pour Ménard – Le HuffPost

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PASCAL GUYOT via AFP
Le maire de Béziers dans l’Hérault, Robert Ménard (ici en janvier 2020), a une explication à la déroute du RN aux régionales et ça ne va plaire aux cadres du parti

RÉGIONALES – Retour de la friture sur la bande RN. Comment souvent, au lendemain des défaites électorales, les critiques les plus difficiles à entendre viennent de son propre camp. Celles de Robert Ménard à l’égard de certaines figures du Rassemblement national après la déroute du parti lepéniste aux régionales, ne feront sans doute pas exception.

Invité de franceinfo ce lundi 28 juin, le maire de Béziers, largement réélu dans sa ville au printemps 2020, a livré sa propre analyse du scrutin. Pour lui, le problème est d’abord celui de “l’incarnation” pour la formation d’extrême droite.

“Il y a certain nombre de candidats du Rassemblement national qui ne vous donnent pas envie, pardon de dire un truisme pareil”, a-t-il d’abord lancé, sans détour, avant d’insister: “Je suis très ami avec Jean-Paul Garraud mais qui a fait un très mauvais score en Occitanie. Je pense que des gens ont de vraies qualités, mais peut-être pas celles d’être un chef, d’être capable d’incarner quelque chose.” Avis aux intéressés.

Mais au-delà de ces questions de personne, l’ancien patron de Reporters sans frontières (RSF), qui ne retient pas souvent ses coups quand il s’agit de critiquer la stratégie de Marine Le Pen, pose également une question de ligne politique pour le parti, au lendemain de sa débâcle.

Le “En même temps” de Robert Ménard

”Ce n’est pas leur faire reproche dans ce qu’ils sont, c’est constater que tout le monde n’est pas capable de parler en même temps aux classes populaires, ce n’est pas seulement la droite, et aussi à la droite conservatrice”, a encore fait valoir Robert Ménard, ajoutant: “C’est cette alchimie qu’il faut faire pour gagner, ce qu’avait fait un Sarkozy par exemple.”

Force est de constater que les scores du Rassemblement national sont très décevants pour ces élections régionales. L’extrême droite est en recul partout: Sébastien Chenu perd environ 15 points dans les Hauts-de-France (où Marine Le Pen avait réuni 42,23% des voix en 2015), l’ex-LFI Andréa Kotarac en Auvergne-Rhône-Alpes et l’ex LR Jean-Paul Garraud en Occitanie perdent environ 10 points. Julien Odoul en Bourgogne-Franche-Comté, Laurent Jacobelli dans le Grand Est et Hervé Juvin en Pays de la Loire perdent environ 9 points. Jordan Bardella perd 2,5 points en Île-de-France.

Au total, le nombre de conseiller RN est, selon nos calculs de 252 contre 358 à l’issue des régionales 2015. Une défaite qui suit celle des élections municipales de 2020 lors desquelles la formation de Marine Le Pen avait, certes remporté Perpignan, mais perdu 44% de ses conseillers. 

De quoi empêcher une éventuelle dynamique à moins d’un an de la présidentielle… et expliquer ces nouvelles critiques venues de l’intérieur et exposées au grand jour? Robert Ménard est coutumier du fait. S’il explique régulièrement qu’il soutiendra Marine Le Pen au printemps prochain, le chantre de “l’union des droites” continue de pousser, avec plus ou moins de virulence pour une “normalisation” du parti. Ce qui ne manquera pas d’alimenter les débats du 17e congrès du Rassemblement national, les 3 et 4 juillet à Perpignan.

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