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Réforme des retraites : Ne pas souffler sur les braises mais ne pas reculer, le plan de bataille du gouvernement face à la grève – 20 Minutes

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Edouard Philippe. — ALAIN JOCARD/AP/SIPA
  • Face à la grève du 5 décembre contre sa réforme des retraites, l’exécutif affiche sa sérénité, même s’il anticipe un mouvement « massif ».
  • Pour préparer l’après 5 décembre, le gouvernement mise sur la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux.
  • Il espère convaincre grâce à la durée de transition vers son régime universel, et scrute le soutien de l’opinion.

Le gouvernement s’y prépare depuis plusieurs jours. Ce jeudi 5 décembre, la mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites s’annonce importante. Face à la grève et un mouvement qui s’annonce « massif », l’exécutif affiche sa sérénité. Car le plan de bataille de la majorité est prêt : laisser passer la contestation et poursuivre les négociations pour convaincre les syndicats.

Ne pas « jeter de l’huile sur le feu »

Après avoir haussé le ton à l’égard des grévistes, jugés « corporatistes », et martelé que « la réforme se fera », l’heure est à l’apaisement côté gouvernement. « Edouard Philippe ne veut pas jeter de l’huile sur le feu. On n’est pas là pour avoir le scalp de qui que ce soit, syndicats ou professions. On n’est pas Sarko », dit-on à Matignon.

Mardi, à l’Assemblée, le Premier ministre a d’ailleurs récusé avoir « critiqué ou dénigré » les bénéficiaires des régimes spéciaux, qui « ne sont pas dans une situation irrégulière ».

Laisser passer la grogne

Côté exécutif, on ne se fait plus d’illusions sur la mobilisation contre la réforme. « Il fallait s’y attendre. On savait qu’il y aurait une secousse sociale de grande ampleur si on supprimait les régimes spéciaux, le chef du gouvernement avait prévenu les ministres il y a six mois déjà », poursuit l’entourage du Premier ministre.

La majorité affiche toutefois sa sérénité avant jeudi. « Il n’y a pas de crainte, mais on sait que le mouvement va être massif, on en a tous les signes : certaines écoles seront fermées. Même certains chauffeurs de l’Assemblée ne travailleront pas », observe Bruno Bonnell, député La République en marche du Rhône. « On s’attend à une démonstration de force, un exutoire collectif. Mais à l’inverse des “gilets jaunes”, qui n’avaient pas de revendications claires et dont le mouvement s’est dilué dans le temps, ce sera raccourci sur une journée ou une semaine, et on pourra ensuite ouvrir des négociations sur des éléments précis ».

Lâcher un peu, pour ne pas reculer

Deuxième volet de la stratégie du gouvernement, donc, poursuivre les négociations avec les syndicats, alors qu’il n’a pas encore dévoilé son projet. « Oui il y a du flou, mais c’est la partie à négocier », répond l’entourage d’Edouard Philippe. Mécanismes de transitions pour les régimes spéciaux, droits des mères, reconnaissance de la pénibilité font partie des points d’arbitrage.

« Cette convergence des régimes spéciaux pour arriver vers l’universalité peut prendre différents rythmes, ça fait partie de la négociation. Peut-être qu’on traitera les cheminots différemment de la fonction publique, et différemment des hôpitaux », insiste Bruno Bonnell.

« On espère convaincre par la progressivité des périodes de transition », ajoute-t-on à Matignon. Une sorte de clause du grand-père qui reste, selon l’entourage du Premier ministre, la carte majeure à jouer.

Garder le cap et compter sur l’opinion

La majorité écarte tout recul sur cette réforme, convaincue du soutien de l’opinion. « Les gens vont manifester alors que le gouvernement n’a pas encore arrêté de texte », lance François Patriat, patron des sénateurs LREM. « La grève peut s’enliser, mais est-ce que les Français supporteront ? » s’interroge-t-il.

Le mouvement du 5 décembre obtient le soutien ou la sympathie de 46 % des sondés, contre 33 % qui le rejettent, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche. « Compte tenu de la gravité du sujet, c’est normal que l’opinion soutienne la mobilisation de jeudi. Mais 76 % des gens soutiennent l’idée qu’il faut réformer les retraites. C’est normal qu’il y ait ce paradoxe », analyse Bruno Bonnell. Reste que pour l’instant, 64 % des ­Français ne font pas confiance au gouvernement pour mener à bien la réforme, selon la même enquête.

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