Réforme des retraites : l’exécutif piégé par le débat sur la valeur du point servant au calcul des pensions – Le Monde

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Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 11 février.

Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 11 février. PHILIPPE LOPEZ / AFP

L’exécutif ne parvient toujours pas à faire preuve de pédagogie sur son projet de loi retraites. Depuis le 7 février, il est sommé de s’expliquer sur un aspect en apparence technique, mais central de la réforme : l’évolution de la valeur du point servant au calcul de la retraite.

Mardi 11 février, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé du dossier, a de nouveau été interrogé, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. La valeur du point, a-t-il affirmé, « ne pourra jamais être inférieure à l’inflation et donc (…) ça ne peut être que favorable pour l’ensemble des futurs retraités ».

De quoi parle-t-on ? Jusqu’à présent, les choses semblaient relativement claires : le premier ministre, Edouard Philippe, avait assuré, le 11 décembre 2019, devant le Conseil économique, social et environnemental, que non seulement « la loi prévoira une règle d’or pour que la valeur des points acquis ne puisse pas baisser » à l’avenir mais aussi qu’elle ira « au-delà puisqu’elle prévoira une indexation progressive non pas sur les prix, comme aujourd’hui, mais sur les salaires, qui, dans notre pays, augmentent plus vite que l’inflation ».

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Si la mention de l’indexation sur les salaires est reprise dans l’étude d’impact publiée le 24 janvier, l’article 9 du projet de loi indique, lui, qu’elle suivra « l’évolution annuelle du revenu moyen par tête ». Une formulation devenue « revenu d’activité moyen par tête » après adoption d’un amendement gouvernemental en commission spéciale au Palais Bourbon.

« Dans l’inconnu »

Problème : le 7 février, devant la bronca des députés de l’opposition taxant l’exécutif d’« amateurisme », M. Pietraszewski a reconnu que cet indicateur « aujourd’hui n’existe pas » et reste « à créer ». Cette mission serait confiée à l’Insee. Pourquoi ce changement ? « Il est intéressant de le créer, parce que (…) le point ne va pas concerner que les salariés, mais l’ensemble des Français, les revenus des indépendants, des fonctionnaires, avait justifié le secrétaire d’Etat. Il est donc juste et objectif de constituer un indicateur qui concerne toutes ces populations. »

Pas de quoi faire taire les critiques. « C’est révélateur de tout le reste, déplore Pierre Roger (CFE-CGC). Cela montre la totale impréparation du gouvernement sur le sujet. » D’autant, estime-t-il, que cela revient à « prendre le contre-pied de tout ce qu’a dit l’exécutif depuis deux ans, lui qui n’a cessé de claironner qu’il n’y aurait pas de baisse des pensions car la valeur du point serait fondée sur l’évolution du salaire moyen ».

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