Réforme des retraites : Bruno Le Maire assure qu’il y a « de la place pour la négociation » – Le Monde

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Pourtant partisan d’une réforme des retraites universelle par points, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a appelé jeudi 12 décembre sur BFM TV le gouvernement à faire marche arrière sur la mise en place d’un « âge d’équilibre » à 64 ans dès 2022, qu’il considère comme « un gros problème ».

En dévoilant son projet de réforme des retraites mercredi, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé que le gouvernement souhaitait maintenir l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans, tout en voulant inciter les individus à travailler plus longtemps, de manière à ce que le système ne soit pas en situation déficitaire.

C’est pourquoi il veut créer un « âge d’équilibre » – probablement 64 ans –, assorti d’un bonus-malus : si la personne liquide sa pension avant cette borne d’âge, elle se voit appliquer une décote (et une surcote dans le cas inverse).

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« Ligne rouge »

Sur le papier, l’âge d’équilibre en question sera fixé par le futur organe de gouvernance du dispositif dans lequel siègent les partenaires sociaux. Une « ligne rouge » pour les syndicats, y compris la CFDT, qui rejettent en bloc cette idée. Il faut que le gouvernement comprenne « qu’en voulant courir deux lièvres à la fois, il a fait une erreur, il met en danger ce projet de réforme universelle des retraites auquel la CFDT tient (…) parce qu’il poursuit une logique budgétaire », a notamment déclaré M. Berger jeudi matin.

« La question de l’équilibre, ce n’était pas la promesse du président de la République, la promesse, c’était un système universel des retraites. »

« J’espère qu’on ne va pas dans le mur, en tout cas la CFDT n’en portera pas la responsabilité, j’espère qu’on va aller vers un apaisement et une rediscussion », a-t-il poursuivi, appelant de ses voeux une réunion entre le premier ministre et « tous ceux qui veulent s’inscrire dans une réforme universelle des retraites. »

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Dans la foulée de ces déclarations du leader de la centrale de Belleville plusieurs ténors de la majorité, qui ne peut pas se passer du soutien de l’organisation syndicale, ont tendu la main au à M. Berger.

  • Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, a estimé sur France 2 qu’il y avait « de la place » pour négocier les modalités d’atteinte de l’équilibre financier du système des retraites, appelant les syndicats, et en particulier la CFDT, au dialogue :

« Nous proposons l’âge pivot à 64 ans, avec un système de bonus et de malus (…). Est-ce qu’il y a de meilleures solutions ? Peut-être, venons en discuter. Il peut y avoir de meilleures solutions, c’est [aux syndicats] de les apporter. C’est à eux de nous apporter la preuve qu’il existe de meilleures solutions. »

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« On a bien vu les ouvertures qu’a faites le premier ministre », avec un équilibre demandé pour 2027 et non 2025 comme envisagé initialement, a-t-il encore insisté. « La CFDT a été largement entendue. Largement dans le principe d’une réforme par points, qu’elle réclame depuis des années et des années, et qui est effectivement un gage de simplicité et de justice. Elle a été entendue sur la pénibilité », qui sera étendue aux fonctions publiques d’Etat, hospitalière et territoriale, a argumenté Bruno Le Maire.

« Ça correspond parfaitement à ce que la CFDT essayait d’obtenir depuis des années. Ce serait dommage que sur un point, qui est un pur point financier, un pur point d’équilibre, qu’il y ait un blocage, alors même que nous sommes ouverts à la négociation », a-t-il affirmé.

  • Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, s’est également adressé au secrétaire général de la CFDT en qui il a « toute confiance ». « C’est un homme qui incarne un peu la démocratie sociale à la française, qui sait prendre ses responsabilités », a souligné M. Ferrand sur RTL.
  • Un peu plus tôt sur BFM-TV, le secrétaire d’Etat à l’action et aux comptes publics, Olivier Dussopt, a lui aussi lancé un appel au patron de la CFDT, qui a « dans son ADN » le fait de faire des propositions. Sur l’âge d’équilibre, il a lui aussi assuré que le gouvernement était « ouvert » si les partenaires sociaux faisaient des propositions garantissant l’équilibre financier.
     
  • Gilles Le Gendre, patron des députés LRM, appelle Laurent Berger à se mettre « autour d’une table ». « Tout le monde, depuis hier, fait comme si la question de l’âge d’équilibre à 64 ans avait été décidée et fixée, c’est faux, a lancé sur Cnews le député de Paris. La question de l’âge pivot je le dis solennellement, de l’âge d’équilibre, n’est pas décidée, en aucun cas ! » 

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