Référendum en Nouvelle-Calédonie : le jour d’après – Le Monde

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Le drapeau kanak et le drapeau français à Canala (Nouvelle Calédonie), le 11 décembre 2021.

Et maintenant ? Après ce troisième non à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, dimanche 12 décembre, que va-t-il se passer ? Même si ce troisième référendum clôt le processus de l’accord de Nouméa du 5 mai 1998, le territoire ne va pas sombrer du jour au lendemain dans un grand trou noir juridique. Tant qu’un nouveau statut n’aura pas été approuvé, les dispositions de l’accord de Nouméa et de la loi organique qui en découlent continueront de s’appliquer. La déclaration du 1er juin, publiée à l’issue de la session de travail qui s’était tenue à Paris, prévoit une période de transition, jusqu’au 30 juin 2023, consacrée à l’élaboration d’un nouveau projet, qui ne soit pas seulement de nature institutionnelle et juridique mais un projet de société en commun.

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Arrivé vendredi en Nouvelle-Calédonie à la demande d’Emmanuel Macron, le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, doit commencer à baliser le chemin en s’entretenant avec les différents interlocuteurs. Pour l’heure, les indépendantistes ont annoncé qu’ils refusaient de discuter avec lui. Officiellement. Cela n’empêche pas des contacts informels et, même, des échanges officiels, sans aborder les questions institutionnelles mais qui portent sur des sujets d’urgence.

Ainsi, dès mardi 14 décembre et avant son retour en métropole, M. Lecornu devrait s’entretenir avec des élus du gouvernement et du Congrès, dont le président du gouvernement, l’indépendantiste Louis Mapou, sur une question qui nécessite d’urgentes réponses : l’état calamiteux des finances locales. En 2020, l’Etat a déjà accordé un prêt de 240 millions d’euros, suivi d’une subvention exceptionnelle de 82 millions d’euros, puis d’une autre de 40 millions d’euros pour faire face aux dépenses liées au Covid-19.

Mais, en l’état actuel, le gouvernement calédonien, à majorité indépendantiste, se trouve confronté à une même impasse budgétaire de l’ordre de 500 millions d’euros et demande pour 2021 une nouvelle aide de l’Etat. Dans le projet de loi de finances pour 2022, le gouvernement a été autorisé à apporter sa garantie à un prêt de l’Agence française de développement pour un montant de 210 millions d’euros. Reste, pour le gouvernement calédonien, à trouver près de 300 millions et à engager des réformes structurelles.

« Nous attendrons le prochain »

La position intransigeante de façade des dirigeants indépendantistes, en réalité, se conjugue mal avec les urgences du moment. Outre les finances locales, les défaillances de l’industrie du nickel sont un sérieux sujet de préoccupation, et pèsent toujours les risques sanitaires liés à l’épidémie de Covid-19, face à laquelle la solidarité nationale a joué pleinement. Ce qui nécessitera bien d’engager des discussions. « On ne va surtout pas se précipiter, assure au Monde le porte-parole du gouvernement, chargé notamment de la fiscalité et des affaires minières, Gilbert Tyuienon. Ça ne sert à rien de discuter dès le lendemain sachant toutes les tensions qu’il y a eues. Il faut laisser les choses se tasser. » En clair : il ne faut pas désespérer la base militante, chauffée à blanc par les discours de ces dernières semaines.

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