Reconfinement : «Rien ne peut être exclu», déclare Emmanuel Macron – Le Parisien

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Reconfinement, impôts, masques… Pendant plus de deux heures, Emmanuel Macron s’est livré à un vaste tour d’horizon des sujets d’actualité, ce vendredi, à l’occasion d’une rencontre avec l’Association de la presse présidentielle.

Sous les candélabres design du restaurant « Monsieur bleu », au palais de Tokyo, à Paris, le chef de l’Etat a voulu donner ses éclairages sur une rentrée pas comme les autres, forcément marquée par le spectre d’une reprise épidémique de coronavirus.

Des reconfinements possibles

C’est une possibilité à laquelle le président ne ferme pas totalement la porte. « On fait tout pour éviter le reconfinement », rassure-t-il, mais « rien ne peut être en théorie exclu ».

Dans le cas d’un scénario de reprise épidémique très violente, qui perturberait de nouveau le système hospitalier, « des cas de reconfinement nationalisé ou régionalisé » pourraient être décidés, finit d’ailleurs par lâcher le chef de l’Etat.

Le masque, pas « l’alpha et l’oméga »

Arborant lui-même un masque blanc en tissu, Emmanuel Macron martèle que les masques ne constituent pas « l’alpha et l’omega » de la lutte contre l’épidémie. « Ce sont tous les gestes barrière ensemble qui comptent, fait-il valoir. Si on porte le masque et qu’on ne se lave pas les mains, ce n’est pas bon ».

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Selon le locataire de l’Elysée, la stratégie mise en place à la veille de la rentrée vise à « vivre avec le virus ». Pour cela, il est nécessaire d’être « vigilant sur les rassemblements privés », souligne-t-il, notamment au contact des personnes âgées.

Imperméable aux critiques

Le locataire de l’Elysée veut croire que les mentalités ont changé. « Au début de la crise, les plus grands spécialistes me disaient : les Français n’ont jamais porté de masques, donc ils n’en porteront pas. Les Français n’aiment pas cette contrainte », rembobine-t-il.

Le chef de l’Etat dit avoir mal compris les discussions autour de la gratuité des masques, un « débat fou », selon lui. « Quel pays distribue autant de masques gratuits que nous ? », interroge-t-il, affirmant que « 55 millions » de masques ont été distribués aux familles modestes.

Et d’écarter au passage les critiques de la maire de Marseille, Michèle Rubirola, selon laquelle les décisions en matière de politique sanitaire seraient prises de manière trop unilatérale « depuis Paris ». « Didier Raoult lui-même, hier (jeudi NDLR), a fait l’éloge du masque », rappelle-t-il, faisant remarquer, sur le mode ironique, les « échéances politiques » à venir « dans les prochaines semaines ».

Pas d’augmentation d’impôts prévue

Pas touche aux impôts. Pour que les Français puisent dans les 100 milliards d’épargne de précaution, il faut de la « confiance » et de la « visibilité » ; une « stratégie efficace face au risque chômage » et des prélèvements qui n’augmentent pas.

Dans le cas contraire, on créerait une « tétanie des classes moyennes » similaire à celle survenue après la crise de 2008, argumente Emmanuel Macron.

Une dette sur plusieurs générations

Se pose, dès lors, la question du remboursement de la dette née de la crise sanitaire. Il en existe deux sortes, distingue le chef de l’Etat. L’une, baptisée « dette Covid », est liée aux mécanismes mis en place au plus fort de la crise, notamment autour du chômage partiel.

Elle sera amortie sur un « temps très long », soit plusieurs générations, calcule-t-il. « Cette dette du quoiqu’il en coûte était indiscutable », assume le président.

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La seconde dette devra servir à investir dans la transformation de l’économie française. « On la remboursera par la production qui en sortira, veut croire Emmanuel Macron. Elle sera remboursée par ceux qui en ont la manne ».

Pour cela, « il faut faire revenir tout le monde au travail », urge-t-il. Sans quoi, le financement même de notre système social serait menacé. Et d’insister : « Il faut restaurer le travail » car « il bâtit du collectif ».

La réforme des retraites attendra

Le chef de l’Etat n’a pas totalement oublié sa réforme des retraites, ensevelie par le passage de la crise sanitaire. « Le système actuel est injuste pour les plus précaires et les non syndiqués », continue-t-il de croire, dénonçant un système « anti-héros Covid ».

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La réforme universelle serait une « réponse pertinente à remettre sur la table », de même que la réforme budgétaire. L’urgence, cependant, est à la lutte contre le chômage et à l’aide aux jeunes. Les retraites devront donc être « réorganisées dans le temps ».

Une « banalisation de la violence »

Un « ensauvagement » de la société, comme le dénonce Gérald Darmanin ? Emmanuel Macron ne reprend pas le terme, préférant parler de « banalisation de la violence », mais partage le constat d’une résurgence de la violence du quotidien.

« Je n’ai pas attendu les commentaires » pour le voir, revendique-t-il, calculant avoir « augmenté de dix mille le nombre de policiers et gendarmes » sur le territoire. Le chef de l’Etat appelle à « une réponse rapide sur le plan judiciaire » face aux débordements, déplorant un système judiciaire « paupérisé ».

Emmanuel Macron pourrait s’engager plus en avant sur ce thème lors d’un discours annoncé le 4 septembre, pour les 150 ans de la proclamation de la troisième République. Un cérémonial qui lui donnera sans doute l’occasion d’aborder différents grands sujets régaliens.

Une « pression » assumée au Liban

Après son déplacement aux accents parfois jugés interventionnistes au Liban, à la suite de l’explosion à Beyrouth, début août, Emmanuel Macron assume. « On se bat pour le Liban car on partage lien unique, une affection », juge-t-il, revendiquant avoir « mis la pression » sur la classe politique libanaise. « Sinon, la seule victime sera le peuple libanais qui ne peut pas s’exiler », tranche-t-il.

Toujours à l’international, le président s’est dit « extrêmement inquiet et exigeant vis-à-vis de la Russie » pour qu’une enquête « pleinement transparente » soit menée sur l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny.

Pas encore en campagne

Ne lui parlez pas de 2022. « Il y a suffisamment de crises inattendues pour n’avoir qu’un objectif », recadre Emmanuel Macron, affirmant rester sur une « concentration de court terme » pour ce qui le « concerne ». Ce qui n’empêche pas le président de revendiquer l’ambition d’une « France plus forte » pour… « l’horizon 2030 ».

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