Rebond de l’épidémie aux Etats-Unis : “Une fracture électorale dans la gestion de la crise” – LCI

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Rebond de l’épidémie aux Etats-Unis : “Une fracture électorale dans la gestion de la crise” | LCI

































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REBOND – L’épidémie gagne en ampleur dans certains Etats américains, qui suspendent leur déconfinement. Pour Anne-Laure Beaussier, auteure de “La Santé aux Etats-Unis”, une fracture s’est opérée entre Etats, du sud-ouest du pays gérés en majorité par des Républicains, et ceux du nord-est, pour la plupart démocrates, où la situation s’améliore.

Alors que l’épidémie semblait se stabiliser aux Etats-Unis, celle-ci repart à la hausse dans 30 Etats du sud du pays. La situation s’est même nettement aggravée ces deux dernières semaines au sein des Etats les plus vastes et les plus peuplés, le Texas, la Floride et la Californie. 

Dans le détail, le Texas a enregistré 5.996 nouvelles contaminations, soit une hausse de 73 % des cas d’infection, en partie liée à un foyer détecté dans une prison. La Californie inquiète également, où 5.500 personnes sont mortes du virus depuis le début de l’épidémie et où un habitant sur 200 a déjà été contaminé. Mais c’est en Arizona que l’augmentation du nombre de cas positifs, de 210 % en quinze jours, est la plus importante. Pendant ce temps, dans le nord-est des Etats-Unis, comme à New-York, la situation s’améliore.

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Ces Etats du sud-ouest, qui avaient été jusqu’ici relativement épargnés par le virus, sont forcés de rétropédaler et de freiner le déconfinement de leur population. La Floride a suspendu ce vendredi 26 juin la consommation d’alcool dans les bars, tandis que la Texas a ordonné leur fermeture immédiate. Le port du masque, lui, a été rendu obligatoire la semaine dernière dans les commerces et les transports de Californie, puis cette semaine en Caroline du Nord, au Nevada ou à Miami (Floride). 

En regardant le déconfinement décidé par chacun des Etats américains, on observe que le sud-ouest a été bien plus pressé que le nord-est de faire repartir l’économie et la vie sociale. A l’exception de la Californie, qui a été plus mesurée que ses voisins de la côte ouest et qui n’a “jamais complètement rouvert”, selon Anne-Laure Beaussier, chercheuse au CNRS et auteure de “La Santé aux Etats-Unis : une histoire politique”, à LCI. La chercheuse cite l’exemple de l’Alaska et l’Alabama, qui ont commencé à déconfiner fin avril ou du Texas et de la Floride qui se sont rouverts début mai, et constate “une corrélation entre les Etats qui ont rouvert le plus tôt et qui expérimentent une deuxième vague”. 

Une “fracture électorale” dans la gestion de la crise

Aux Etats-Unis, deux stratégies ont été opérées pour le déconfinement et celles-ci sont liées majoritairement à la couleur politique : “Les Démocrates, notamment les Etats du nord-est, ont été beaucoup plus prudents, et le sont encore. Ils exhortent la population à porter des masques, aux gestes barrières. Dans les Etats républicains, ça a été plus brutal. Ils suivent le discours de Donald Trump et pensent qu’il faut sauver l’économie. Ils ont rouvert les bars par exemple et ne recommandent pas du tout les gestes barrières”. 

Anne-Laure Beaussier va plus loin en voyant “une fracture électorale et une polarisation de la société américaine” dans la gestion de la crise sanitaire : “La tendance démocrate pousse à la prudence et la tendance républicaine, plutôt à la réouverture de l’économie, à la liberté de mouvement.”

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L’appartenance politique des Etats n’explique évidemment pas tout dans le rebond épidémique. Selon la spécialiste, il peut s’agir d’un “cluster qui tourne mal”, comme celui de la prison texane, ou bien aussi d’un “déplacement de l’épidémie”. Ceci étant, les consignes données ne sont pas les mêmes dans les différents Etats et comtés et leur réception par la population non plus. Selon un récent sondage de l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research, cité par La Croix, 76 % des électeurs démocrates ont indiqué se couvrir le visage en sortant de chez eux, contre seulement 59 % des électeurs républicains.   
Se fondant sur ces chiffres, Anne-Laure Beaussier assure : “Le soutien aux mesures barrières est lui aussi politique, dans la mesure où les sympathisants démocrates ont déclaré eux-mêmes avoir un comportement plus prudent et où les électeurs républicains se sont déclarés contre le port du masque, en suivant les recommandations de Fox News et les déclarations politiques de Trump.” 

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Le président américain avait ainsi appelé ses électeurs il y a quelques semaines à se libérer du confinement dans le Michigan, le Minnesota et la Virginie, trois Etats démocrates.  Et que dire de son meeting maintenu dans l’Oklahoma à Tulsa il y a quelques jours. Des milliers de partisans – dont peu étaient masqués – s’étaient rassemblés alors que cet Etat du Sud est parmi ceux connaissant une  poussée de Covid-19. Le président américain y avait provoqué une profonde controverse en déclarant  avoir recommandé à ses responsables sanitaires de ralentir le rythme du  dépistage, car en faisant plus de tests, “on trouve plus de cas”. La Maison Blanche avait ensuite indiqué qu’il plaisantait, mais le milliardaire  républicain a été clair mardi matin: “Je ne plaisante pas.” 

“Les deux prochaines semaines seront critiques” pour répondre à ces  poussées “préoccupantes”, a mis en garde Anthony Fauci, l’immunologiste en chef de la Maison blanche, devant une commission  de la Chambre des représentants. L’expert a souligné que cette augmentation venait notamment de “la  contagion” entre habitants. “Et c’est quelque chose qui m’inquiète vraiment”,  a-t-il confié. Sans citer directement le meeting de Tulsa, M. Fauci a martelé: “Vous ne  devriez pas vous rassembler dans des foules.” 

A ce jour, les Etats-Unis déplorent 122.238 décès depuis le début de l’épidémie, selon le dernier bilan publié par l’AFP, et sont toujours le pays le plus endeuillé au monde.

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