RATP : le plus gros producteur de données d’Ile-de-France

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RATP : le plus gros producteur de données d'Ile-de-France

Dans le cadre de sa stratégie de transformation numérique initiée début 2017, la RATP a entrepris un profond travail de valorisation de ses données. Dans le cadre de son plan d’excellence opérationnelle ferroviaire, ce chantier porte notamment sur la gestion des flux voyageurs dans le tramway ou la gestion des incidents dans le métro.

La maintenance prédictive présente un cas d’usage évident. “La fermeture des portes constitue la première cause d’incidents voyageur sur le RER, indique Vânia Ribeiro, Chief digital officer pour l’opérateur de transports publics. En dotant les portes de capteurs, il est possible d’intervenir avant qu’elles ne tombent en panne. Cela a fait baisser de 20 % les incidents voyageurs.”

Toujours dans le domaine de l’exploitation, la RATP entend généraliser l’approche du BIM (Building Information Modeling). Ce jumeau numérique d’un bâtiment permet à tous les acteurs qui interviennent sur sa construction ou sa maintenance de partager la même vision de l’ouvrage. La maquette 3D en repend toutes les caractéristiques physiques, techniques et fonctionnelles.

L’exploitation des données temps réel doit aussi servir l’expérience voyageur. “Nous travaillons par exemple à l’élaboration d’un service pour indiquer la fréquentation des rames de métro”, avance Vânia Ribeiro.

“Plus gros producteur de données en Ile-de-France”, la RATP a conçu un data lake pour industrialiser la collecte des données “qu’il faut aller la chercher dans les systèmes d’exploitation tout en respectant le RGPD”. Des données que la RATP a largement libérées. En avance sur le cadre réglementaire, le transporteur a été le premier acteur de mobilité à ouvrir, en 2012, des données temps réel.

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Véhicules autonomes et Mobility as a Service

Il s’agit aussi pour la RATP de partager ces données avec les partenaires de son écosystème. Le transporteur vient de signer un partenariat avec Mobileye (société israélienne rachetée par Intel) pour tester des véhicules autonomes dans les rues de Paris. En 2020, ils permettront aux voyageurs de rejoindre l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière depuis les réseaux de transport environnants (train, métro et bus).

La RATP est engagée dans une stratégie de MaaS (Mobility as a Service) depuis 2017 qui fait passer l’opérateur public d’une logique de produit à une logique de service. “Un voyageur a besoin de se mouvoir d’un point A à un point B, rappelle Vânia Ribeiro. Pour lui rendre son parcours le plus fluide possible, il faut intégrer toutes les combinaisons possibles de moyens de transport au sein d’une même plateforme plutôt qu’il doive jongler entre une dizaine d’applications.”

La régie travaille pour cela avec un écosystème de transporteurs publics et privés : les autorités organisatrices de mobilités (AOM). En Ile-de-France, elle discute avec 25 acteurs de transport différents comme les spécialistes du vélo, du scooter ou de trottinette en libre-service, du covoiturage, de l’autopartage ou les VTC. En collaboration avec Île-de-France Mobilités, sa nouvelle application MaaX (Mobility as an Experience) va être expérimentée à partir de ce mois de novembre et pendant six mois auprès de 2 000 voyageurs bêta-testeurs.

Aucun collaborateur laissé sur le quai

Cette transformation numérique a, bien sûr, un fort impact sur la gestion des compétences et la RATP entend adopter une approche “responsable et inclusive”, afin d'”embarquer tout le monde, de l’opérationnel terrain au top management”. Elle a pour cela initié un programme de sensibilisation pour tous ses collaborateurs et de formation pour les managers, les métiers opérationnels et les experts.

“Comme en marketing, nous avons identifié des personae, poursuit Vânia Ribeiro. Sur ces profils types, quel est le l’impact du digital ? Des métiers vont disparaître ou se transformer, d’autres arrivent, il faut anticiper. Avec l’intelligence artificielle, le mainteneur passe, par exemple, d’une maintenance curative à une maintenance préventive. Dans le cadre de la GPEC, nous avons constitué un référentiel de compétences. Il s’agit d’instruire les besoins RH pour les trois ans à venir et fixer ensuite un prévisionnel de recrutement et des parcours de professionnalisation.”

L’acculturation au numérique passe aussi par l’outillage. Office 365 a été déployé massivement sur les postes de travail et le portail groupe est en cours de refonte. Par ailleurs, la dotation d’équipements mobiles se généralise. La moitié des 45 000 collaborateurs de la RATP en Ile-de-France travaillant derrière un bureau sont en en passe d’être équipés d’un PC portable et d’un smartphone. Ce qui permettra de favoriser le télétravail dans le cadre de l’accord signé en 2018.

Design thinking dès la conception d’un nouveau produit

Les opérationnels en cabine ou au volant sont également dotés de terminaux mobiles. Les 5 000 agents présents dans les stations et les 1500 techniciens de maintenance d’équipements en station travaillent notamment avec des tablettes. “‘Cela suppose de designer les applications métiers en conséquence”, précise Vânia Ribeiro.

Afin de tenir compte des contraintes propres au métier de conducteur ou de régulateur de trafic, la RATP a adopté de nouvelles méthodologies, comme le design thinking qui impliquer l’utilisateur dès la conception d’un nouveau produit. “Nous avons utilisé cette méthode dans le design d’un nouveau service d’aide à la régulation du RER avec la mise à disposition de plus de données de localisation et de temps de déplacement des trains.”

En mai, la RATP a ouvert son usine digitale, basée temporairement à Châtelet, proche du RER A, avant de trouver un site définitif. 120 personnes y travaillent répartis sur des plateaux et en équipes pluridisciplinaires constituées de product owners, de designers ou de développeurs. L’objectif est de doubler cet effectif l’an prochain.

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