Auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’attaque à la préfecture de police survenue le 3 octobre, le préfet de Paris, Didier Lallement, a indiqué que sept policiers ont été «désarmés» à la suite de signalements pour radicalisation «depuis le 3 octobre».

Rapidement après cet attentat meurtrier, Didier Lallement a demandé à ses services, dans une note du 7 octobre, «d’encourager à la remontée des signalements de manière à ce que ne se reproduise plus jamais un drame comme celui-là», détaille-t-il. Si, dans la presse, le chiffre de 27 signalements avait été évoqué, le préfet a indiqué qu’il disposait «d’un stock de signalements» de 48 cas. «Ce sont des signalements que nous continuons d’examiner, mais qui ne datent pas exclusivement du 3 octobre. Des cas se posent depuis 2012, j’en ai recensé à peu près 63», a-t-il indiqué.

Depuis sa prise de fonction, le 21 mars dernier, Didier Lallement a eu connaissance de 37 signalements pour soupçons de radicalisation, dont 33 depuis l’attentat du 3 octobre. «J’ai encouragé aux signalements pour qu’il y ait une levée de doute. Un signalement permet de s’interroger : doit-on ou non laisser le fonctionnaire armé ? À l’heure actuelle, 12 signalements ont amené à désarmer le fonctionnaire, dont 7 depuis le 3 octobre», a-t-il précisé. «Un certain nombre de signalement s’avère néanmoins sans objet. Mais le travail d’analyse doit être fait», a-t-il ajouté.

Il a également annoncé avoir demandé au directeur général de la police nationale la suspension de trois fonctionnaires, dont «une» a été mise en oeuvre.

Le signalement de l’assaillant au cœur des interrogations

L’auteur de la tuerie, Mickaël Harpon, était chargé de la maintenance informatique au sein de la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) depuis le 2 janvier 2003, et il était habilité secret-défense. Selon un rapport interne de son service après l’attaque, il avait justifié auprès de certains de ses collègues l’attentat de Charlie Hebdo en 2015, sans faire l’objet d’un signalement formel.

Le président de la commission d’enquête, Éric Ciotti (LR), a interrogé Didier Lallement sur un signalement de Mickaël Harpon dans le Val d’Oise à Gonnesse où il fréquentait une mosquée, par un autre service de renseignement – renseignement territorial ou DGSI (direction générale de la sécurité intérieure). «Le profil» de M. Harpon «a-t-il été signalé à la DRPP?», a demandé Éric Ciotti. Le préfet de police a renvoyé à l’enquête judiciaire, ce que les membres de la commission, dont Marine Le Pen (RN), ont peu apprécié, considérant que la représentation nationale méritait «des réponses».

Didier Lallement, interrogé à de nombreuses reprises sur ce signalement informel, a lu la note de service daté de 2015 qui indique que ce signalement «n’en est pas un», selon le préfet de police. «Il s’agit simplement d’un échange entre fonctionnaires, mais cela n’est pas remonté au niveau hiérarchique supérieur», a-t-il fait valoir, sans pouvoir donner plus de précision.

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