Qu’est ce que le doxing ? Ce phénomène qui préoccupe la France et les États-Unis

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Le doxing n’est pas un phénomène récent mais il s’est trouvé au cœur de l’actualité politique au cours de ces dernières semaines. Pour rappel, il s’agit de la divulgation de données personnelles sur Internet révélant des informations sur l’identité et/ou la vie privée d’une personne dans le but de lui nuire.

Des peines très lourdes pour les auteurs de doxing

En France, l’assassinat terroriste du professeur Samuel Paty a beaucoup ému le public. Or, comme le rappellent nos confrères de LCP, dans les jours précédent son meurtre une violente, l’enseignant a fait l’objet d’une campagne de de haine sur les réseaux sociaux, où son nom, son téléphone portable et l’adresse de son collège ont été révélées. C’est dans ce contexte que le gouvernement a proposé dans l’article 4 du projet de loi confortant le respect des principes de la République, l’instauration d’un nouveau délit sanctionnant « la diffusion malveillante d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne ».

Les individus qui se montreraient coupables d’un tel acte encourent la peine de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. La peine de prison encourue est même de cinq ans si ce délit est commis à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, de titulaires d’un mandat électif, ou d’un mineur.

Les USA veulent lutter contre la publication de données personnelles

Pour l’heure, le texte de loi poursuit son chemin parlementaire et devrait être examiné au Sénat vers la fin mars. La France n’est pas la seule à s’intéresser au doxing et c’est justement l’objet d’une prise de conscience aux États-Unis.

Les sénatrices Amy Klobuchar et Lisa Murkowski, démocrates et républicaines, ont envoyé une lettre à la Federal Trade Commission (FTC) pour exiger des mesures afin de protéger les personnes qui ont été victimes de harcèlement en ligne, notamment à la suite de la divulgation de leurs données personnelles.

Ce texte a pu être consulté par The Hill, il exhorte la FTC à sévir contre certains services malveillants :

Nous écrivons pour exprimer de sérieuses préoccupations au sujet des rapports récents selon lesquels des courtiers en données publient l’emplacement et les coordonnées des victimes de violence domestique, de violence sexuelle et de harcèlement criminel. Nous sommes sérieusement préoccupés par le fait que des courtiers en données tiers jouent un rôle en révélant une adresse protégée et en donnant accès à des informations personnelles qui peuvent conduire à des abus répétés.

Les parlementaires citent l’exemple de deux services, Intelius et Spokeo, qui se présentent comme des annuaires téléphoniques modernes. Ils proposent les numéros de téléphone, les adresses e-mail et les adresses physiques. Ces portails retirent parfois les informations à la demande des intéressés mais leur volume d’activité et leur fonctionnement automatique inquiètent beaucoup à Washington.

Dès lors, Amy Klobuchar et Lisa Murkowski demandent à la FTC de décrire comment elle pourrait agir de concert avec les autres agences fédérales pour empêcher les auteurs de harcèlement ou de violences d’accéder à ces données. L’idée est aussi d’interdire aux courtiers « de «collecter, acheter ou vendre des listes de populations vulnérables ».

Selon The Verge, ce texte pourrait servir d’introduction au Safe Tech Act. Nous vous avions déjà parlé de cette proposition de loi également défendue par Amy Klobuchar. Elle prévoit notamment de permettre aux utilisateurs des réseaux sociaux de poursuivre les compagnies si le contenu publié les menace personnellement de harcèlement, de discrimination et d’autres formes d’abus.

Le texte a de vraies chances d’être adopté car démocrates et républicains ont fait part de leur intention de faire évoluer la législation actuelle qui date de 1996.

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