Christian Jacob à l’Assemblée. — GERARD JULIEN / AFP
  • Grand favori de l’élection, le député de Seine-et-Marne a remporté le scrutin avec 62,58 % des voix ce dimanche.
  • Le nouveau patron de la droite aura pour mission de rassembler son parti.
  • Les municipales, de mars prochain, seront également un test important pour la droite.

Une victoire nette. Christian Jacob est le nouveau président des Républicains. Grand favori de l’élection, le député de Seine-et-Marne a remporté ce dimanche le scrutin avec 62,58 % des voix, devant Julien Aubert (21,28% des voix) et Guillaume Larrivé (16,14% des voix). La participation a été plus forte que prévue puisque 62.401 adhérents à jour de leur cotisation ont voté, soit 47% de participation a indiqué Henri de Beauregard, le président de la haute autorité du parti.

Incarnation, rassemblement, préparation des municipales… De nombreux défis attendent déjà le nouveau patron de la droite.

Devenir un vrai patron

« Un chef, c’est fait pour cheffer », disait Jacques Chirac. Mais depuis le départ de Laurent Wauquiez, après la déroute historique du parti (8,48 %) au scrutin européen, Les Républicains n’ont pas vraiment de patron. « On sent qu’on a un besoin d’incarnation, depuis cette démission, même si Jean Léonetti [le président par intérim] est là, il y a une sorte de flottement. On a besoin de quelqu’un pour incarner notre famille politique, une voix forte dans les médias, pour mieux faire entendre nos propositions », indique Virginie Duby-Muller, députée de Haute-Savoie.

Les soutiens de Christian Jacob espéraient une victoire au premier tour pour asseoir d’emblée cette légitimité. Mais Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais, reste prudent : « Gagner largement une élection ne veut pas dire qu’on est forcément capable de faire l’unanimité derrière. Laurent Wauquiez l’avait emporté avec 74,64 % des suffrages en décembre 2017, et certains ont d’emblée contesté son autorité. L’enjeu, ce n’est pas la marge de la victoire, mais de savoir s’il parvient à faire travailler tout le monde derrière lui ».

Réorganiser le parti et éviter l’hémorragie de militants

Christian Jacob devrait très vite dévoiler la nouvelle direction du parti. « Il faut revoir l’organisation du parti, en partant davantage des territoires. Avec la loi sur le non-cumul des mandats, nos élus locaux ne sont plus en première ligne dans les instances », plaide Sébastien Huyghe, député du Nord. Le patron de la droite aura aussi pour mission d’enrayer l’hémorragie de militants passés de 234.556 en décembre 2017 à 131.268 militants électeurs aujourd’hui. « La refondation du parti est essentielle. Il faut une meilleure animation des fédérations, avoir des événements rassembleurs, plus de démocratie interne, redonner du sens au fait d’être adhérent », juge Pierre-Henri Dumont

Rassembler sa famille politique

Christian Jacob l’a dit : il veut « rassembler, réconcilier et rebâtir » un « grand parti de droite, ouvert, populaire et fier de ses valeurs ». « Le premier enjeu est de rassembler notre famille politique, rassembler les énergies et les personnes, être en capacité de mettre tout le monde autour de la table », avance Damien Abad, député de l’Ain et vice-président LR. Depuis plusieurs mois, le parti s’est émietté. Certaines personnalités ont rejoint La République en marche, quand d’autres ont préféré se mettre simplement en retrait du parti.

Mais le contact n’est pas rompu entre les dirigeants LR et les dissidents aujourd’hui à la tête de régions, comme Valérie Pécresse en Ile-de-France ou Xavier Bertrand dans les Hauts-de-Seine. « Christian Jacob est toujours resté en contact avec eux. Son rôle sera de rassembler car les choses ne sont pas complètement fermées de leur part. Le fait que Christian Jacob n’ait pas d’ambition personnelle pour 2022 pourra détendre les choses », espère Virginie Duby-Muller.

« Ne perdons pas de temps à rapatrier des gens qui sont partis. Ceux qui sont partis veulent être candidats à la présidentielle. On a des défis plus urgents que de courir après des chimères », contraste Pierre-Henri Dumont.

Préparer les municipales

Les Républicains veulent renouer avec la victoire dès mars prochain, lors des élections municipales. « Notre implantation locale est notre force. Nous avions fait de très bons scores en 2014 [lors du précédent scrutin local, l’UMP l’avait emporté], il faudra les conforter », note Virginie Duby-Muller. Christian Jacob devra notamment trancher le sort des délicates investitures dans les villes de Nice, Marseille ou Paris. « Il aura la légitimité pour décoincer les situations où il peut y avoir des tensions », résume Damien Abad. Pierre-Henri Dumont ajoute : « Les municipales [de mars prochain] seront un vrai test pour le nouveau président ».

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