Que sait-on du passage à tabac du jeune Yuriy à Paris ? – LCI

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SITUATION – Depuis l’agression de Yuriy le 15 janvier dernier, c’est l’incompréhension et la colère. Sauvagement attaqué en plein Paris, l’adolescent a été pris en charge par les secours dans un état grave. Une enquête a été ouverte. LCI fait le point.

“Yuriy se réveille tout doucement. Il a des crises d’angoisse.” Face à la caméra de LCI, l’angoisse de la mère de l’adolescent, Nataliya Kruchenyk, est palpable. Jeudi 15 janvier, son fils a été sauvagement agressé dans le 15e arrondissement de Paris par une dizaine d’individus. Emmené à l’hôpital alors que son pronostic vital était engagé, il se remet tout doucement et a été sorti du coma artificiel dans lequel les médecins ont dû le plonger. Les images de son passage à tabac, issues d’images de vidéosurveillance, ont été diffusées sur les réseaux sociaux, provoquant la colère et l’émotion de milliers d’internautes, parmi lesquels des politiques ou des personnalités à l’image d’Omar Sy ou d’Antoine Griezmann.

Alors qu’une enquête est en cours, que sait-on de l’agression de Yuriy ? LCI fait le point.

Qui est Yuriy ?

Yuriy a fêté ses quinze ans le jeudi 21 janvier, sur son lit d’hôpital. D’origine ukrainienne, il est scolarisé en troisième au collège Guillaume Apollinaire, dans le 15e arrondissement de Paris. Selon Nataliya Kruchenyk, également maman de deux petites filles, “il n’était pas dans les bandes. Il n’avait pas de problème. Il était posé dans sa tête, travaille bien à l’école, joue au foot, aide à la maison.” “C’est un garçon bien”, résume-t-elle à TF1.

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Agression du jeune Yuriy dans le 15e à Paris : “Il se réveille tout doucement et a des crises d’angoisse”

Comment s’est déroulée son agression ?

Sa journée au collège terminée, Yuriy se trouvait en fin de journée, jeudi 15 janvier, sur la dalle Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement, avec cinq autres personnes. Deux témoins directs de la scène ont rapporté à la police avoir vu un groupe de dix jeunes, armés de béquilles et de barres de fer, se diriger vers eux en courant. “Quand ils ont vu cette bande arriver, tout le monde a commencé à courir. Mais Yuriy a glissé. Il est tombé par terre. Et c’est là qu’ils se sont jetés sur lui. Je n’arrive pas à comprendre comment il peut y avoir une violence pareille”, raconte à TF1 sa mère, Nataliya Kruchenik.

Dans un rapport de police, il est fait état de cette mention : “Selon les premiers renseignements, il s’agirait d’un règlement de comptes opposant des bandes rivales de la dalle Beaugrenelle et de Vanves”. Le cousin de l’adolescent, Petro, que nous avons pu interviewer, dit ne pas croire que “Yuriy soit d’une quelconque manière mêlé à ce genre d’histoire”.

Après plusieurs minutes de passage à tabac, Yuriy a été laissé pour mort par ses agresseurs. Alertés par des témoins, les policiers et les pompiers sont rapidement arrivés sur place. Pris en charge par les secours, l’adolescent a été admis à l’hôpital en urgence. “Quand je l’ai vu dans le camion de pompiers, il avait le crâne ouvert à plusieurs endroits, c’était vraiment horrible”, se souvient sa mère, bouleversée. Les agresseurs, eux, avaient déjà pris la fuite. Selon nos informations, ils seraient partis vers la rue Émeriau, la rue Linois et par les quais de Seine.

Comment se porte Yuriy ?

Souffrant de fractures au nez, au bras, aux épaules, aux côtes et aux doigts, le jeune garçon souffre également d’un important traumatisme crânien qui lui a valu une opération de plusieurs heures et d’être plongé dans un coma artificiel.  Malgré la gravité de ses blessures, Yuriy semble aller de mieux en mieux. Vendredi, l’ambassadeur d’Ukraine en France, Vadym Omelchenko, a indiqué sur Twitter que si son état reste grave, il “montre une tendance positive”. “Les médecins prévoient de commencer de le retirer du coma artificiel. Prions pour son prompt rétablissement !”, a-t-il écrit.

Samedi, sa mère a fait savoir sur Instagram qu’il commençait effectivement “à se réveiller et bouger un peu”, après six jours de coma. “Il ne parle pas pour le moment”, ajoute-t-elle. Donnant à nouveau des nouvelles de son fils ce dimanche sur LCI, Nataliya Kruchenik affirme qu’il fait “des crises d’angoisse” et souffre beaucoup de ses blessures. Craignant de le voir paralysé, elle est cependant rassurée :  “Il commence à bouger. C’est bien car ça nous montre qu’il ne va pas rester paralysé. Il veut raconter, mais pour l’instant il n’y arrive pas. Les médecins disent que c’est encourageant”.

Où en est l’enquête ?

Après l’agression, la police a retrouvé un marteau à proximité immédiate des faits, ainsi que plusieurs barres de fer un peu plus loin. Ils ont été placés sous scellé pour exploitation. Alors que les agresseurs de Yuriy n’ont toujours pas été retrouvés, sa famille a lancé un appel à témoins pour tenter de les identifier. Une enquête a été ouverte pour “tentative de meurtre en réunion”. Elle a été confiée à la Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. Pour l’heure, Nataliya Kruchenik dit être sans nouvelles de la police. “C’est très inquiétant et je suis très déçue”, rapporte-t-elle. Samedi, l’Élysée a eu “un échange” avec la mère de Yuriy, selon nos informations.

De son côté, le procureur de Paris Rémy Heitz affirme à l’AFP ce dimanche que “tous les moyens sont mis en œuvre pour que cette affaire soit résolue et que les coupables soient rapidement identifiés et arrêtés”. “Il n’y aura aucune impunité pour les auteurs de l’agression de Yuriy”, a par ailleurs assuré sur Twitter le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Et d’ajouter : “Le parquet de Paris et les services d’enquête sont pleinement mobilisés. Toutes nos pensées vont évidemment à ce jeune homme et à sa famille”.

Selon un proche de l’enquête à LCI, l’IGPN a également été saisie d’une enquête administrative au sujet de la diffusion de la vidéo de l’agression, qui pourrait être issue du plan de vidéoprotection de la préfecture de police de Paris. 

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Depuis cette attaque, le maire a renforcé la présence des forces de l’ordre dans ce quartier a priori calme et cossu de Paris. “Ce qui se réglait autrefois entre jeunes à coups de poings ou par des agressions verbales, se règle aujourd’hui avec des coups de béquilles et des battes de baseball”, a confié le maire Philippe Goujon à TF1. À ce jour, une quinzaine de bandes rivales se trouve dans le viseur de la Préfecture de police de Paris. 

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