Que sait-on de l’attaque à l’arme blanche à Paris ? – 20 Minutes

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Deux personnes ont été grièvement blessés lors d’une attaque au couteau — Alain JOCARD / AFP
  • Deux personnes ont été grièvement blessées lors d’une attaque au couteau près des anciens locaux de Charlie Hebdo.
  • Deux hommes, parmi lesquels le principal suspect, ont été interpellés. Il s’agit d’un homme de 18 ans originaire du Pakistan.
  • Les investigations ont été confiées à la DGSI et à la brigade criminelle.

L’emplacement du drame autant que l’actualité judiciaire ont tout de suite fait craindre le pire. Ce vendredi, vers 11h50, deux employés de la société de production Premières Lignes Télévision ont été très grièvement blessés à l’arme blanche dans le 11e arrondissement de Paris, à proximité immédiate des anciens locaux de Charlie Hebdo. Leur pronostic vital n’est cependant pas engagé, précise la préfecture de police de Paris.

Que s’est-il passé ?

Le scénario de l’attaque reste encore, à ce stade des investigations, imprécis. Selon les premiers éléments, un homme vêtu d’un jogging noir et de baskets rouges, a fait irruption, peu avant midi, dans la rue Nicolas-Appert, au pied des locaux occupés par Charlie Hebdo avant l’attaque perpétrée par les frères Kouachi le 7 janvier 2015. L’individu a brandi un large couteau de boucher – retrouvé sur le lieu de l’attaque – et s’en est immédiatement pris à une femme et à un homme qui faisaient une pause cigarette. Selon un témoin, ce dernier, blessé, a été poursuivi par son agresseur avant qu’il finisse par prendre la fuite.

Qui sont les deux personnes interpellées ?

La brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la préfecture de police de Paris a immédiatement été mobilisée. Un homme, correspondant à cette description et dont les vêtements et le visage portaient des traces de sang a été interpellé moins de trente minutes après le drame, à Bastille, à environ 500 mètres du lieu de l’attaque. Décrit par le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, comme « l’auteur principal », il est, selon nos informations, âgé de 18 ans et né au Pakistan. Il est connu de la police, notamment pour port d’arme prohibé, mais serait, en revanche, inconnu des services de renseignement, précise une source proche de l’enquête.

Un second suspect, né en 1987, a été interpellé peu après par la brigade des réseaux ferrés alors qu’il se trouvait dans la station de métro Richard-Lenoir, à proximité immédiate du lieu de l’attaque. Le procureur national antiterroriste a indiqué qu’il avait été placé en garde à vue « pour des vérifications s’agissant de ses relations avec l’auteur principal ».

Que sait-on de la motivation de l’attaque ?

Une enquête a été ouverte par le Parquet national antiterroriste pour « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et confiée à la brigade criminelle et à la DGSI. Si on ignore encore les motivations de l’auteur, le « lieu symbolique » de l’attaque, la concomitance avec le procès et la « volonté manifeste d’attenter à la vie de deux personnes dont il ignorait tout et qui se trouvait en pause cigarette », selon le procureur Jean-François Ricard, sont autant d’éléments qui font craindre une motivation terroriste.

Ces derniers temps, la rédaction de Charlie Hebdo a été la cible d’une recrudescence des menaces, notamment après la republication des caricatures du prophète à l’occasion de l’ouverture des attentats de janvier 2015. Vendredi 11 septembre, Al-Qaida a de nouveau menacé de s’en prendre à la rédaction, l’Iran a dénoncé une provocation et d’importantes manifestations ont eu lieu au Pakistan.

Des menaces telles que Marika Bret, la DRH du journal a indiqué en début de semaine avoir été exfiltrée de son domicile. « Mes officiers de sécurité ont reçu des menaces précises et circonstanciées. J’ai eu dix minutes pour faire mes affaires et quitter mon domicile. Dix minutes pour abandonner une partie de son existence, c’est un peu court, et c’est très violent. Je ne reviendrai pas chez moi », a-t-elle détaillé dans le Point.

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