Que propose Mirakl, la nouvelle licorne française

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Que propose Mirakl, la nouvelle licorne française

300 millions d’euros, c’est la levée de fonds que vient d’annoncer la société Mirakl, soit la plus importante levée de fonds jamais réalisée par une start-up française.

Créée en 2012, Mirakl vend aux entreprises une solution logicielle pour lancer une place de marché en ligne. « Nos clients ont déjà une connaissance de l’e-commerce. Ils utilisent Salesforce Commerce Cloud, SAP Customer Experience ou Adobe Magento, mais aussi Shopify », indique Dickel Sooriah, VP marketing EMEA de Mirakl. « Le sujet, pour nos clients, c’est l’extension de la gamme des produits proposés, et l’élargissement des catégories. » Et ce, en agrégeant des offres de vendeurs tiers à celles de leurs clients.

Alors, n’importe quel e-commerçant pourrait-il être intéressé par Mirakl ? Pas forcément. Car pour fédérer des vendeurs tiers et attirer des clients, ils faut déjà posséder une marque légitime sur un secteur. Mirakl revendique plus de 300 clients à l’échelle mondiale, dont FNAC-Darty, Truffaut, le groupe Carrefour ou encore Conforama. En juin dernier, c’est avec Mirakl que Carrefour annonçait le lancement de sa marketplace alimentaire. Plus d’une centaine de marchands, et jusqu’à 100 000 références, seront proposées d’ici fin 2020 sur le site Carrefour.fr.

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60 % de l’e-commerce mondial passe aujourd’hui par une marketplace

De quoi lutter contre les géants de l’e-commerce que sont Amazon ou encore Alibaba, spécialistes des écosystèmes de marketplace ? La société affirme que 60 % de l’e-commerce mondial passe aujourd’hui par une marketplace. « Notre solution permet à un vendeur tiers d’exposer son catalogue. Nous travaillons pour ce faire au mapping des catégories, à la facilitation des transactions, avec un modèle de commission. Sur ce point, Mirakl automatise la répartition des flux monétaires et aiguille les commandes et les paiements », explique Dickel Sooriah.

« Le grand enjeu, c’est de pouvoir le faire à l’échelle. C’est un sujet de Système d’Information et de plateforme technique. Il faut des API ouvertes avec le front-end e-commerce et le système de paiement. » Mirakl propose une solution en mode SaaS, « c’est ce qui fait la croissance de notre société », assure Dickel Sooriah. Mirakl se rémunère par un pourcentage de l’activité des places de marché créées grâce à sa plateforme.

« Nous avons une proposition de valeur sur la technologie. Mais nous avons aussi une action de consultant spécialisés dans des verticales comme le bricolage ou la mode, pour faciliter la construction de l’assortiment. Ensuite, avec Mirakl Connect, nous proposons un regroupement de vendeurs tiers. L’idée, c’est de proposer des partenaires pour démarrer rapidement, parce qu’il faut commencer avec une masse critique de vendeurs tiers pour respecter la promesses de l’élargissement de catalogue d’offre et de produits. »

Reste que le modèle de marketplace n’est pas forcément vertueux pour l’ensemble de l’écosystème. Amazon fait l’objet d’une enquête de la Commission européenne depuis 2018, soupçonné d’abuser de sa place de marché et d’exploiter les données des vendeurs tiers à son profit. Les autorités européennes soupçonnent Amazon d’exploiter les données des vendeurs tiers, afin de favoriser ses propres produits et de s’octroyer un avantage commercial. Ces informations permettraient à Amazon de « faire ses propres calculs » et « voir ce que les gens veulent comme offre, et ce qui les fait acheter tel ou tel produit », suggère la Commission.

Le levier du B2B en ligne de mire

Pour Mirakl, il s’agit de sa quatrième levée de fonds. Créée par Philippe Corrot et Adrien Nussenbaum, la licorne française avait levé 70 millions de dollars il y a 18 mois. Ce nouveau tour de table valoriserait la société à plus de 1,5 milliard de dollars. La start-up assure que cette levée de fonds fait de Mirakl « l’une des plus importantes licornes européennes ».

« Mirakl a créé un nouveau secteur totalement révolutionnaire, basé sur le modèle de plateforme, et qui aujourd’hui n’en est qu’à ses débuts. A sa création, notre vision était d’apporter les bénéfices d’un modèle disruptif à l’ensemble des industries. Ce sont de véritables pionniers d’une révolution maintenant en marche à travers l’ensemble des industries au niveau mondial. Grâce à notre technologie et notre savoir-faire, nos clients peuvent désormais se battre à armes égales contre ces géants », affirme Philippe Corrot, président et cofondateur de Mirakl.

Avec cette levée de fonds, Mirakl va recruter plus de 1 000 nouveaux collaborateurs dans le monde, sur les trois prochaines années. 300 ingénieurs devraient être recrutés en France, avec pour objectif de poursuivre le développement de la plateforme Mirakl Connect.

Si Mirakl a commencé par le B2C, le B2B, c’est-à-dire la vente via des maketplace entre professionnels, connaît un fort développement depuis 2018. Et Dickel Sooriah de citer l’exemple des pièces détachées de voiture. Le travail consiste ici à développer une expérience client qui colle avec des comportements d’achat B2B, dont le virement, l’acompte, ou encore le devis.

Au pays des licornes

Le président français Emmanuel Macron a fixé l’objectif de 25 licornes françaises en 2025, mais elles ne sont encore qu’une dizaine aujourd’hui dans l’Hexagone. A ce jour, les licornes françaises (valorisation de plus d’un milliard de dollars), rejointes par Mirakl, sont :

  • Blablacar (transport) ;
  • Dataiku (solutions analytiques et intelligence artificielle) ;
  • Voodoo (gaming) ;
  • Kariba (cloud) ;
  • OVHCloud (cloud) ;
  • Doctolib (prise de rendez-vous médicaux) ;
  • Meero (mise en relation photographes/entreprises et AI) ;
  • Contentsquare (analyse des comportements des internautes sur les sites et applications) ;
  • Ivalua (solution d’optimisation des achats).

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