Quatre questions sur le “projet Pegasus”, ce logiciel espion qui cible les smartphones – Charente Libre

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Comment fonctionne Pegasus ?

C’est la société israélienne NSO qui commercialise ce logiciel espion. Pegasus s’introduit dans un smartphone et permet d’en récupérer les messages, photos, contacts et même d’écouter les appels de son propriétaire.

NSO, régulièrement accusé de faire le jeu de régimes autoritaires, assure que son logiciel sert uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Dans les faits, Pegasus pénètre dans les smartphones, qu’ils fonctionnent sous le système d’exploitation d’Apple, iOS ou Google, Android. Il a ensuite accès à tout : contacts, photos, mots de passe. Il peut lire les emails, les conversations chiffrées, géolocaliser, activer micros et caméras.

Qui dévoile le scandale ?

L’enquête publiée dimanche par un consortium de dix-sept médias internationaux, dont les quotidiens français Le Monde, britannique The Guardian et américain The Washington Post, entame sa crédibilité.

Leur travail se fonde sur une liste obtenue par le réseau basé en France Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International, comptant selon eux 50.000 numéros de téléphone sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour une surveillance potentielle.

Qui est ciblé ?

Des militants, journalistes et opposants du monde entier ont été espionnés grâce à ce logiciel.

Elle inclut les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise, d’après l’analyse menée par le consortium qui a localisé de nombreux numéros au Maroc, en Arabie saoudite ou au Mexique.

Sur cette liste figure le numéro du journaliste mexicain Cecilio Pineda Birto, abattu quelques semaines après son apparition sur ce document, ainsi que ceux de correspondants étrangers de plusieurs médias dont le Wall Street Journal, CNN, France 24, Mediapart, El Pais, ou l’AFP.

Le site français Mediapart a déposé plainte à Paris, expliquant dans un article ce lundi que “les numéros des téléphones portables de Lénaïg Bredoux et d’Edwy Plenel (cofondateur du site) figurent parmi les dix mille que les services secrets du Maroc ont ciblés“.

D’autres noms de personnalités figurant sur la liste – qui comprend notamment un chef d’Etat et deux chefs de gouvernement européens – seront divulgués dans les prochains jours.

Les journalistes du “Projet Pegasus” ont rencontré une partie des détenteurs de ces numéros et récupéré 67 téléphones qui ont subi une expertise technique dans un laboratoire d’Amnesty. Elle a confirmé une infection ou une tentative d’infection par le logiciel espion de NSO pour 37 appareils, dont 10 situés en Inde, selon les compte-rendus publiés dimanche.

Un logiciel inédit ?

NSO est loin d’être la seule entreprise israélienne soupçonnée de fournir des logiciels espion à des gouvernements étrangers peu regardants sur les droits humains, avec le feu vert du ministère israélien de la Défense.

Le logiciel “DevilsTongue” de la société Saito Tech Ltd, plus connue comme Candiru, a été utilisé contre une centaine de responsables politiques, dissidents, journalistes et militants, ont affirmé jeudi des experts de Microsoft et Citizen Lab.

Des entreprises d’origine israélienne comme NICE Systems et Verint ont fourni des technologies aux polices secrètes de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan, ainsi qu’aux forces de sécurité de Colombie, avait estimé en 2016 l’ONG Privacy International.

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