Quand l'iPhone rencontre QuickTime VR

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En testant un iPhone récent, équipé d’un ultra grand-angle et de la fonction « panoramique », nous avons pensé à une époque pas si ancienne où Apple proposait une solution dédiée à la création et à la navigation dans les panoramas.

À l’époque, c’était ce qui se rapprochait le plus de la réalité virtuelle. Apple lui avait donc très naturellement donné le nom de QuickTime VR. Pas de casque 3D, ni de réalité augmentée, mais la simple possibilité d’afficher une scène et de « tourner la tête », dans l’écran de son Mac, pour regarder tout autour de soi.

La VR, il y avait une application pour ça ! Avec une grosse boîte autour…

La marque présenta son QuickTime VR en 1995, avec la version 2.0 de QuickTime, et proposa surtout un logiciel destiné à la création des scènes panoramiques : QuickTime VR Authoring Studio, une solution professionnelle à 2 000 $ par laquelle Apple espérait rentabiliser sa technologie dont l’accès en lecture seule était gratuit sur Mac et Windows.

Un panoramique créé avec l’appareil photo de l’iPhone : rien de plus simple !

En 1995, pour créer une photo panoramique, il ne suffisait pas de dégainer son iPhone et de tourner sur soi-même en maintenant la flèche sur la ligne : il fallait installer son appareil photo argentique sur un trépied et prendre une série de photos précisément réparties selon des angles réguliers, en verrouillant l’ouverture et le temps de pose pour garantir l’uniformité des prises.

Ensuite, on terminait la pellicule, on l’emmenait chez le photographe, on attendait quelques jours, on récupérait nos photos, on les numérisait, et on les assemblait en panoramique grâce au coûteux logiciel d’Apple (cette étape pouvait aussi être réalisée avec Adobe Photoshop 3.0). Éventuellement, un appareil photo numérique comme le QuickTake permettait de gagner un peu de temps, à condition de ne pas être trop regardant sur la qualité. Et donc, après un patient travail d’alignement, on obtenait un panoramique proche de ce que produit l’iPhone en quatre secondes.

Quelques étapes de la création d’un panorama, extraites du manuel utilisateur de QTVR Authoring Studio

Alors pourquoi ne pas profiter de la simplicité de l’iPhone pour ressortir QuickTime VR Authoring Studio du garage ? Évidemment, pas question de lui faire ingurgiter une image de 60 millions de pixels : un détour par GraphicConverter s’impose, pour la réduire en un plus raisonnable fichier de 2 000 x 500 pixels, au format PICT, le format d’image historique du Macintosh (également dénommé « Format QuickDraw »). Les fichiers QuickTime VR étant généralement exportés en 320 x 240 pixels, cela laisse même un peu de marge pour zoomer à l’écran.

Notre panorama importé dans QTVR Authoring Studio.

Ensuite, rien de plus simple : le logiciel simplifie à l’extrême la transformation du panoramique en un fichier QuickTime VR. On peut régler la vue initiale, le zoom maximal, et même une limite d’angle de vue, quand le panorama ne fait pas exactement 360 degrés (ce qui est souvent le cas des photographies prises par l’iPhone).

Bien entendu, Apple ayant abandonné sa technologie avec la sortie de QuickTime X, il n’est plus possible de diffuser aisément un fichier QTVR. C’est bien dommage, car il serait intéressant de pouvoir naviguer dans nos panoramas avec ce petit effet sphérique immersif.

Il y a presque 25 ans, on naviguait dans QuickTime VR comme on le fait aujourd’hui dans Google Street View.

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