Procès du féminicide de Julie : une affaire devenue symbole des violences conjugales – franceinfo

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Le procès d’un féminicide devenu symbole des violences conjugales s’ouvre jeudi 10 juin matin devant les Assises de Haute-Corse à Bastia. Bruno Garcia est jugé pour le meurtre de son ex-compagne Julie Douib en mars 2019. La jeune maman de 34 ans avait appris quelques jours plus tôt le classement sans suite de ses plaintes. Une affaire qui avait beaucoup fait parler, au point de devenir l’un des déclencheurs du Grenelle contre les violences conjugales.

Le 3 mars 2019, Julie Douib est tuée à bout portant par son ex-conjoint. Elle est la trentième victime de féminicide cette année-là. Quelques jours plus tard, des centaines de personnes défilent en Corse. La Fondation des femmes appelle à un rassemblement à Vaires-sur-Marne, la ville d’origine de Julie et demande un plan national de lutte contre les féminicides. C’est le point de départ du Grenelle contre les violences conjugales qui s’ouvrira six mois jour pour jour après la mort de Julie Douib. Son père Lucien est alors invité à s’exprimer à la tribune. “On a été prévenus trois jours avant sa mort que toutes ses plaintes avaient été classées sans suite”, raconte-t-il.

Elle a dit : ‘Il faudra qu’on me tue pour que ça bouge.’ Et il l’a tuée.

Lucien Douib, père de Julie

franceinfo

Un an et demi après avoir prononcé ce discours au Grenelle, Lucien Douib tire pourtant un constat amer : “Il y en a encore qui meurent dans les même conditions, c’est-à-dire tuées par armes, violentées dans la rue, … Ca me révolte. J’ai l’impression de retourner deux ans et demi en arrière et que rien n’est fait. Je sais que ça a bougé mais ça ne va pas assez vite. C’est inimaginable qu’on puisse entendre les même problèmes 27 mois après l’assassinat de Julie. C’est pareil : les pauvres, elles portent plainte, on ne les protège pas et finalement on les tue. C’est nous les familles de victimes qui prenont perpète.”

L’ex-conjoint de Julie Douib connaîtra sa peine dans six jours, à l’issue du procès. Un procès qui, selon Lucien Douib, doit être plus que celui d’un seul homme. “J’espère que ce procès et ce qu’on va y dire servira pour les autres”, confie-t-il, “Que les femmes iront plus facilement porter plainte, qu’on les écoutera plus et que peut-être fin 2021, au lieu que 90 d’entre elles soient parties comme en 2020, il y en aura moins … Et s’il y en a moins, on aura un peu gagné.

En attendant, Lucien Douib continue de tenir la promesse qu’il a faite à Julie : se battre pour les autres femmes, mais aussi pour ses petits-enfants, deux garçons de 10 et 12 ans dont il s’occupe avec sa femme depuis la mort de leur fille. Le procès doit se tenir jusqu’à mercredi prochain 16 juin.

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