Procès des écoutes : Nicolas Sarkozy affirme n’avoir « jamais commis le moindre acte de corruption » – Le Monde

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Nicolas Sarkozy et son avocate, Jacqueline Laffont, à leur arrivée au tribunal le lundi 7 décembre 2020, à Paris.

L’ancien président Nicolas Sarkozy, jugé à Paris pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des « écoutes », a déclaré lundi 7 décembre à la barre du tribunal n’avoir « jamais commis le moindre acte de corruption ». M. Sarkozy a fait part de sa « colère » et de son « indignation », ajoutant qu’il espérait « être lavé de cette infamie ». « C’est la première fois que j’ai l’impression que je vais pouvoir m’expliquer devant une justice impartiale », a ajouté Nicolas Sarkozy, lors d’un long propos liminaire.

Costume sombre, masque chirurgical sous le nez, Nicolas Sarkozy, 65 ans, a promis de « répondre à toutes les questions ». « Moi, je veux être lavé de cette infamie (…) je veux la vérité des faits, la vérité du droit, je dois m’expliquer », a-t-il asséné. « Vous avez devant vous un homme dont on a écouté plus de 3 700 conversations privées », a rappelé Nicolas Sarkozy, dénonçant également un « déchaînement » de moyens à son encontre. « Qu’ai-je fait pour mériter ça ? »

Dans la salle d’audience remplie au maximum de la jauge autorisée pour cause d’épidémie due au coronavirus, un silence quasi religieux s’est fait. Au premier rang ont pris place deux fils de l’ancien locataire de l’Elysée. Présent depuis l’ouverture le 23 novembre de ce procès inédit dans lequel il est jugé pour corruption et trafic d’influence, il ne s’était pas encore réellement exprimé.

L’image d’un ancien président à la barre est sans précédent sous la Ve République. Seul Jacques Chirac a été jugé et condamné en 2011 dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, mais sans avoir comparu à l’audience pour des raisons de santé.

Poste à Monaco

Cinq conversations entre M. Sarkozy et son ancien avocat Thierry Herzog, interceptées en février 2014 sur une ligne officieuse ouverte sous le nom de Paul Bismuth et sur l’une des lignes officielles de Nicolas Sarkozy, sont au cœur de ce procès dit « des écoutes ». Celles-ci montrent, selon l’un des procureurs, Jean-Luc Blachon, « le moment où se noue le pacte de corruption ».

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L’ancien président de la République est en effet soupçonné d’avoir, avec son ancien avocat Thierry Herzog, tenté de corrompre Gilbert Azibert, alors en poste à la Cour de cassation.

Selon l’accusation, l’ex-président cherchait à obtenir des informations couvertes par le secret, voire à peser sur une procédure engagée devant la haute juridiction liée à l’affaire Bettencourt, dans laquelle il avait obtenu un non-lieu fin 2013. En contrepartie, il aurait donné un coup de pouce à M. Azibert pour un poste de prestige convoité par ce dernier à Monaco, mais qu’il n’a jamais obtenu.

M. Sarkozy encourt dix ans d’emprisonnement et 1 million d’euros d’amende pour corruption et trafic d’influence, comme ses coprévenus, jugés en sus pour violation du secret professionnel. Le réquisitoire du Parquet national financier est attendu mardi, avant les plaidoiries de la défense. Le procès doit s’achever jeudi soir.

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Le Monde avec AFP

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