Procès des attentats du 13-Novembre : comment l’ex-otage des frères Kouachi prépare les victimes – Europe 1

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TÉMOIGNAGEC’est parce qu’il est déjà passé par là qu’il a proposé son aide aux victimes des attentats du 13 novembre 2015. Michel Catalano est l’imprimeur qui s’est retrouvé otage des terroristes du 7 janvier 2015. Après leur massacre à Charlie Hebdo, les frères Kouachi se sont cachés deux jours dans une forêt avant d’achever leur cavale dans son entreprise, à Dammartin-en-Goële, le 9 novembre 2015. Traumatisé par sa prise d’otage, Michel Catalano a été appelé à témoigner au procès des attentats de Charlie Hebdo en septembre 2020. Un moment extrêmement difficile que vont à leur tour vivre les victimes des attentats du 13 novembre 2015. Michel Catalano explique au micro de Thomas Lequertier comment il les a aidées à s’y préparer. 

Pas d’aspect juridique

“On a décidé avec l’Association française des victimes du terrorisme de mettre en place un groupe de parole”, affirme l’imprimeur qui avait lui-même bénéficié de cette aide en marge du procès des attentats de janvier 2015. L’enjeu est de taille car témoigner représente une véritable source d’angoisse pour les parties civiles. “C’est très, très compliqué”, souligne Michel Catalan. “On essaye d’échanger, en présentiel ou en visio, avec des groupes de dix personnes. L’objectif est de leur faire un peu anticiper ce moment compliqué. Ce sont des rencontres de victimes à victimes. Donc, il n’y a pas que l’aspect juridique dans tout ça”.

“C’est très important de témoigner pour l’Histoire et pour les victimes qui sont parties”

Comment les membres de l’Association s’y prennent-ils concrètement ? “On leur explique ce qui se passe dans un procès et comment ils vont le vivre. On essaye de gommer un peu toute cette pression qu’il peut y avoir parce que c’est vraiment un moment éprouvant, que j’ai moi-même vécu, mais qui est nécessaire et important”, explique Michel Catalano. L’imprimeur s’est aussi donné pour mission de convaincre ceux qui n’ont pas encore réussi à le faire, de témoigner. “C’est très important pour l’Histoire, pour les victimes qui sont parties.” 300 partie civiles, sur les 1.800 constituées, prévoient de témoigner à la barre. 

Continuer à avancer malgré la douleur

Aussi éprouvante cette épreuve fut-elle, Michel Catalano ne regrette pas une seule seconde d’avoir pris la parole lors du procès des attentats de janvier 2015. “Je sens que j’ai passé une étape supplémentaire dans cette avancée pour continuer à vivre, tout simplement”, confie-t-il. Conscient qu’il ne sera plus jamais l’homme sportif, joyeux et bon vivant qu’il était avant sa prise d’otage, Michel Catalano explique qu’il “s’habitue à vivre” avec sa douloureuse histoire. “Pour nous, l’oubli n’existe pas”, conclut-il. 

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