Procès de Valérie Bacot : son avocate réclame l’acquittement pour avoir tué son mari violent et proxénète – franceinfo

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Valérie Bacot a été reconnue coupable d'”assassinat” par la cour d’assises de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), vendredi 25 juin, pour avoir tué son mari violent et proxénète en 2016. Elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont trois avec sursis, et est ressortie libre du tribunal. Le ministère public avait demandé vendredi la clémence pour Valérie Bacot, qui encourait la perpétuité, et une condamnation sans réincarcération tenant compte du fait qu’elle avait été “une victime” de son mari et que ses quatre enfants avaient “besoin” de l’accusée. Celle-ci a déjà effectué un an de détention provisoire d’octobre 2017 à octobre 2018.

“C’était elle ou lui”, a justifié Me Janine Bonaggiunta durant l’audience. “Je ne vois pas aujourd’hui comment la société peut condamner Valérie Bacot”, a abondé Nathalie Tomasini à la sortie du tribunal, estimant que sa cliente était sous “emprise”. “On était dans ce qu’on appelle l’abolition du discernement au moment de passer à l’acte. Ces femmes n’ont pas d’autre possibilité que de tuer pour ne pas mourir, elles et leurs enfants. Mais il n’y a pas de prise de décision, c’est un geste automatique”, a-t-elle déclaré, espérant que la loi française évolue pour mieux prendre en compte ce phénomène, comme c’est le cas au Canada.

A 12 ans, la jeune fille avait été violée une première fois par Daniel Polette, qui était alors l’amant de sa mère. Condamné et incarcéré en 1996, l’homme est pourtant autorisé, dès sa sortie de prison en 1997, à réintégrer le domicile familial. Quand elle tombe enceinte de lui à 17 ans, Valérie Bacot part s’installer avec “Dany”, expliquant cette décision par le besoin d’offrir un “père” à son enfant qu’elle voulait garder.

Durant son témoignage à la barre, elle a décrit comment son mari l’avait plusieurs fois menacée avec une arme, lui assurant que, “la prochaine fois, il ne la louperait pas”. L’homme alcoolique et violent l’a prostituée pendant quatorze ans à l’arrière de la 806 familiale, exigeant de son épouse qu’elle porte une oreillette afin de pouvoir entendre les “instructions” de son mari qui guidait la passe.

Valérie Bacot, souvent surnommée “la nouvelle Jacqueline Sauvage”, a finalement tué Daniel Polette le 13 mars 2016 d’une balle dans la nuque après plus de vingt-quatre ans de viols, violences et de prostitution contrainte. Le déclencheur a été la peur que sa fille Karline subisse le même sort, après que que son père lui a demandé “comment elle était sexuellement”. “Je voudrais dire pardon à mes enfants pour ce que je leur ai fait endurer. Pardon à ses enfants à lui. Pardon à sa famille. A ses excompagnes”, a-t-elle dit à la barre.

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