Procès de l’attentat du Thalys : le tireur se dit « désolé » de ce qu’il a fait aux victimes – Le Monde

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Ayoub El-Khazzani lors du premier jour du procès de l’attentat du Thalys, lundi 16 novembre.

Le procès de l’attentat du Thalys a débuté, lundi 16 novembre, sur un quiproquo, dont il est à craindre qu’il ne sera pas le dernier.

Cette première journée d’audience était consacrée à l’examen de la personnalité du principal accusé, Ayoub El-Khazzani, un djihadiste marocain de 31 ans qui avait fait irruption armé d’une kalachnikov et de 270 munitions, le 21 août 2015, dans un train Thalys reliant Amsterdam à Paris avant d’être maîtrisé par des passagers.

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Dans le box vitré, trois des quatre accusés – deux Marocains et un Algérien – portent autour du cou un casque audio pour recevoir la traduction des interprètes en langue arabe mis à leur disposition par la Cour d’assises spéciale de Paris. El-Khazzani a appris l’essentiel de ses rudiments de français durant ses cinq années passées derrière les barreaux ; il préfère s’exprimer dans cette langue. Mais il lui manque des mots. Après avoir lu le résumé du dossier, le président, Franck Zientara, lui demande s’il reconnaît les faits. El-Khazzani se lève, légèrement voûté, les mains jointes sur le ventre, et répond « Ouais ».

« L’ensemble des faits ?, s’enquiert le magistrat

– Ouais, l’ensemble. »

Le président hésite. Depuis qu’il a admis avoir voulu perpétrer une attaque terroriste dans le Thalys 9364, El-Khazzani a été constant dans sa ligne de défense : il avait prévu de tuer des soldats américains en représailles aux bombardements en Irak et en Syrie. Jamais, a-t-il clamé tout au long de l’instruction, il n’a eu l’intention de « massacrer » des civils, à savoir les autres passagers. Trois touristes américains, dont deux soldats en permission, étaient en effet présent dans la voiture où s’est déroulée l’attaque, ceux-là même qui ont neutralisé l’assaillant. Mais une vingtaine de passagers – l’un a été blessé par balle –, s’est portée partie civile. Le président reprend :

« Je vous rappelle que les tentatives d’assassinats qui vous sont reprochées portent sur l’ensemble des parties civiles, pas uniquement sur les trois Américains.

– Ouais, je reconnais. »

El-Khazzani a-t-il modifié sa ligne de défense à la dernière minute sans en aviser son avocate ou n’a-t-il pas entièrement compris la question qui lui était posée ? Conscient des limites linguistiques de l’accusé, le président lui suggère prudemment de recourir à un interprète : « Je crois que c’est mieux quand c’est traduit », glisse le magistrat. Dans un français très hésitant, El-Khazzani assure qu’il comprend ce qu’on lui dit et sollicitera un interprète en cas de doute.

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