Procès Daval. “Tu as détruit Alexia, tu as détruit notre vie. Bon séjour en prison” : le … – Vosges Matin

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Le procès de Jonathann Daval, qui reconnaît désormais avoir “voulu” tuer sa femme Alexia, est entré ce vendredi dans sa dernière ligne droite.

Isabelle Fouillot, la maman d’Alexia, a obtenu de s’adresser directement à Jonathann Daval. C’est exceptionnel car, en principe, les parties civiles n’ont jamais l’autorisation d’interroger l’accusé sans intermédiaire.

La mère d’Alexia s’est avancée à la barre. Jonathann était debout dans son box, séparé de trois mètres et d’une vitre en plexiglas.

Avec douceur, Isabelle Fouillot lui a demandé pourquoi il n’a pas regardé les images de la vidéo des aveux qui venait d’être diffusée à la cour. “Parce que ça me fait trop mal”…

Voici l’intégralité de l’échange entre Jonathann Daval et Isabelle Fouillot

Isabelle Fouillot : – “Est-ce que tu as regardé les images ?” 

Jonathann Daval : – “Non”

I.F. : – “Pourquoi ?”

J.D. : –  “Parce que ça me fait très mal”

I.F. : – “Dans l’extrait que tu as vu, tu dis que tu as tout perdu. C’est quoi ?”

J.D. : – “Alexia, vous, mes parents, ma vie”.

I.F. : – “Pourquoi en arriver là ? Pas d’autres solutions ? Pourquoi tu n’es pas venu nous voir quand ça n’allait pas ? Je me souviens d’une fois quand je prenais des cours de cuisine, elle avait rencontré un pâtissier. Un jour, tu es venu nous dire à la maison, “Alexia a rencontré quelqu’un et j’ai peur qu’elle me quitte”. C’est ça le nœud du problème, peur qu’Alexia te quitte ? On était au courant de rien, on aurait pu faire les médiateurs.”

J.D. : – “On ne pouvait pas parler de nos problèmes de couple.”

S’il te plaît, aujourd’hui lâche-toi, tu sais que c’est la dernière fois qu’on se voit, qu’on se parle tous les deux

I.F. :- “S’il te plaît, aujourd’hui lâche-toi, tu sais que c’est la dernière fois qu’on se voit, qu’on se parle tous les deux. Écris-moi le, envoie-moi une lettre. J’ai besoin de savoir. Tu peux comprendre ça ? Besoin d’avoir la vérité.”

J.D. : “C’est la dispute de trop, les mots de trop. Tout ce qui s’est accumulé.”

I.F. : – “Alexia elle voulait que tu reviennes vers elle, c’était des appels au secours.”

J.D. : – “J’ai pas compris tous ses messages.”

I.F. : – “On a l’impression qu’on veut tout mettre sur Alexia.”

J.D. : – “J’ai mes torts aussi. Eviter le conflit…”

I.F. :- “Ça veut rien dire, éviter le conflit. Elle voulait juste te parler. Quel couple ne se dispute pas ?”

J.D. : – “Il y avait des reproches.”

Tu te rends compte que tu nous as pris Alexia ? On a tout perdu. On t’a toujours aimé, tu nous as tout pris

I.F. : – “Et alors ? Moi aussi, des reproches, est-ce que ça mérite ça ? Tu te rends compte que tu nous as pris Alexia ? On a tout perdu. On t’a toujours aimé, tu nous as tout pris, tu nous as accusés de meurtre. J’en suis tombée des nues. Tu fuis d’une drôle de manière, tu te rends compte où ça te mène, tous ces mensonges.”

J.D. : – “Je l’aimais, on s’aimait.”

I.F. : – “Seule hypothèse que je vois, c’est qu’elle voulait partir ?”

J.D. : – “Non.”

I.F. : – “Ne me dit pas que tu l’as tuée pour quelques mots, ce n’est pas possible.”

J.D. : – “J’ai perdu pied… Tout est ressorti en moi. Toute cette colère emmagasinée, les reproches, les humiliations.”

I.F. : – “La finalité de la tuer ?”

J.Dl : – “Qu’elle se taise.”

I.F. : – “Tu es heureux qu’elle soit tuée ? Tu es heureux ?”

J.D. : – “Non.”

I.F. : – “C’est ça, ta défense ? Tu voulais qu’elle se taise ?”

Silence. Regard au sol.

Tu as détruit Alexia et tu nous as détruits

I.F. : – “Tu ne l’entendras plus, tu as gagné. On peut dire que tu as gagné ?”

J.D. : – “Non. Non.”

Silence.

I.F. : – “Elle s’est tue à jamais. Moi non plus je ne l’entendrai plus, plus sa voix, plus ses rires. Elle ne connaîtra jamais Tessa, qui a 11 mois. Elle ne connaîtra jamais sa tata. Quel gâchis, Jonathann. Quel gâchis.”

J.D. : – “J’ai tout détruit.”

I.F. : – “Tu as détruit Alexia et tu nous as détruits. Est-ce que c’est une vengeance sur nous ?”

J.D. – “Non.”

I.F. : – “Je trouve que c’est trop facile. Si toutes les femmes qui disent des choses à leur mari devaient se faire tuer dans des horreurs, il y en aurait quatre ou cinq par jour. Tu pensais qu’elle t’appartenait ?”

J.D. – “Non. On s’aimait.”

I.F. : – “Quelle drôle de façon de le montrer. C’est cette phrase “Tu n’es pas un homme” qui a déclenché ? C’est dur d’entendre la réalité en face.”

J.D. : – “Les reproches.”

Tu savais qu’Alexia disait vrai. Que la vérité n’est pas facile à entendre. Pourquoi n’avez-vous pas divorcé ?

I.F. : – “Tu mets tout à ta façon. Tu essaies toujours de te dédouaner en disant que c’était la faute d’Alexia. Tu ne lui en faisais jamais de reproches ?”

J.D. : – “Si.”

I.F. : – “Tu savais qu’Alexia disait vrai. Que la vérité n’est pas facile à entendre. Pourquoi n’avez-vous pas divorcé ?”

J.D. : – “Ce n’était pas concevable. L’image par rapport aux autres.”

I.F. : – “Il aurait fallu divorcer. L’image aurait été plus belle qu’aujourd’hui pour toi, Jonathann… Pourquoi n’avez-vous pas divorcé ? Tu ne pouvais pas divorcer, car tu perdais beaucoup de choses si tu divorçais ? Tu nous perdais ? Tu perdais la moitié de la maison ? Tu retournais vivre chez maman ? Tu existais au travers d’Alexia. Avais-tu besoin d’elle pour exister ? Si elle était partie, tu existerais encore ? Tu ne voulais pas divorcer.”

J.D. : – “Les deux, on ne voulait pas divorcer.”

I.F. : – “Je ne suis pas sûre, elle dit dans les messages qu’elle en a marre.”

J.D. : – “De mon comportement.”

I.F. : – “Oui, elle ne comprenait pourquoi son mari ne voulait pas d’elle. Elle avait tout pour plaire. Elle en avait ras le bol de cette situation ? J’ai découvert qu’Alexia était tout le temps toute seule. Ça n’est pas normal… Si tu étais venu nous en parler, on aurait pu réagir. On aurait pu vous aider à divorcer. As-tu quelque chose à me dire ?”

J’attends mieux Jonathann, s’il te plaît

J.D. : – “Je suis désolé pour tout.”

I.F. : – “C’est tout ? C’est si peu.”

Il baisse les yeux.

I.F. : – “J’attends mieux Jonathann, s’il te plaît.”

J.D. : – “Je ne peux rien dire de plus.”

I.F. : – “Tant pis. Je te souhaite un bon séjour en prison. Adieu.”

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