Procès Daval, jour 3 : l’audience bouleversée par un malaise de l’accusé – Le Figaro

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Au troisième jour de son procès, peu avant 19 heures, Jonathann Daval a enfin pu commencer à s’exprimer… avant de faire un malaise, au bout d’une demi-heure. Le président a brièvement suspendu l’audience, pour finalement annoncer que l’accusé était parti aux urgences et que le procès ne reprendrait pas avant jeudi matin, au mieux.

Avant de s’effondrer dans son box, Jonathann Daval a présenté ses «excuses» à la famille de son épouse et a livré sa version de la soirée du 27 octobre 2017. «Je voudrais d’abord avoir des excuses auprès des proches d’Alexia. Je leur ai enlevé leur fille et après je leur ai menti…Après la soirée raclette, elle m’a demandé un rapport que j’ai refusé. Ensuite, il y a eu des réflexions. Une dispute a commencé et s’est terminée dans les escaliers où je l’ai frappée, étranglée.»

«Notre situation de couple était très compliquée. On gardait tout pour nous, on ne disait rien aux autres. On faisait comme si tout allait bien. Je faisais exprès de rentrer tard pour éviter les conflits», a déclaré le jeune homme, avant de réaffirmer que sa femme faisait des «crises» pendant lesquelles elle se montrait parfois «violente» avec lui.

«Massacre»

Tout le reste de cette troisième journée d’audience a été consacrée à l’audition des proches d’Alexia, qui sont revenus avec beaucoup d’émotion sur la mort de leur fille, sœur et belle-sœur. «Avant ce drame, le bonheur régnait au sein de notre famille. Alexia, c’était notre lumière, notre joie de vivre. Ce fameux jour, Jonathann nous a éteint la lumière», a déclaré Jean-Pierre Fouillot, le père de la jeune femme, avant de filer la métaphore : après le décès de la banquière, ses proches se sont mis en «mode veilleuse», jusqu’à ce que l’informaticien les accuse de «complot familial» et qu’ils «passent de la veilleuse aux feux de guerre». «Combat» de longue haleine, en définitive couronné de succès : Jonathann Daval a finalement avoué avoir frappé et étranglé Alexia, puis avoir tenté de brûler son corps.

Trois ans après le drame, les Fouillot fourmillent de questions, mais une les obsède particulièrement : «Pourquoi a-t-il fait ça?». A la barre, Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia, a supplié son gendre de «dire la vérité» sur les raisons de ce «massacre». «J’aimerais bien qu’aujourd’hui tu sois un homme, que tu prennes tes responsabilités. Parce que nous on souffre, et je pense que ta famille souffre également. Je voudrais te donner une chance de sortir grandi de cette histoire. Si tu veux pouvoir te regarder dans une glace… Toi seul peux nous dire la vérité», a-t-elle déclaré à Jonathann Daval, avant de confier sa «crainte» que «chaque mot qui sorte de la bouche» de l’informaticien «soit un mensonge». Dans le box, les larmes de l’accusé ont coulé.

«Caméléon»

Si l’audition d’Isabelle Fouillot était particulièrement attendue, c’est finalement celle de sa fille Stéphanie Gay qui s’est révélée la plus percutante. La sœur d’Alexia a dressé un portrait dévastateur de Jonathann Daval – ou plutôt de l’«accusé», comme elle l’a appelé tout au long de son témoignage, se refusant à utiliser son prénom. «Il a menti à tout le monde, c’était un caméléon. Il offrait le discours et le visage que chacun voulait entendre et voir pour être apprécié de tous», a souligné l’institutrice, selon laquelle l’informaticien laissait Alexia «désespérément seule», notamment dans son parcours d’aide à la procréation.

Le mari de Stéphanie, Grégory Gay, s’est montré tout aussi dur envers celui qui l’a accusé un temps d’être l’auteur du meurtre. L’ingénieur de recherches, partisan de la théorie de «l’empoisonnement à petit feu», a tenté de revenir sur le fond du dossier, qu’il a scruté méticuleusement pendant des mois, au point qu’il dit avoir perdu «une grande partie de sa vie». Avant d’être interrompu par le président, qui lui a expliqué que ce n’était pas son rôle.

Les réquisitions de l’avocat général ne sont attendues que vendredi. Mais à la fin de son audition, Jean-Pierre Fouillot n’a pas hésité à réclamer «la peine maximum» à l’encontre de Jonathann Daval. «Notre futur, il est simple : nous avons pris perpétuité», a lancé le sexagénaire aux jurés. «Est-ce que ce sera le cas de Jonathann ? Seul vous en déciderez.»

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