Prime de feu et réforme des retraites : les pompiers manifestent à Paris – Le Monde

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Dans la manifestation des pompiers, à Paris, le 28 janvier.

Dans la manifestation des pompiers, à Paris, le 28 janvier. CHARLES PLATIAU / REUTERS

Au son des sifflets et sirènes, sous les fumigènes multicolores, le défilé des pompiers professionnels à Paris a de nouveau été marqué, mardi 28 janvier, par de violentes altercations avec les forces de l’ordre. Quatre mois après leur dernière manifestation parisienne, les pompiers ont de nouveau réclamé une revalorisation de la prime de feu (28 % du salaire de base, contre 19 % actuellement) à hauteur des primes de risque accordées aux policiers et gendarmes, le maintien de leurs effectifs, la garantie du maintien de leur système de retraite actuel et une meilleure protection face aux agressions, dont le nombre augmente chaque année.

Lire notre enquête : « Nous sommes devenus les médecins des pauvres » : les pompiers face à l’évolution du métier

Les pompiers, vêtus de leur tenue de feu, uniformes bleu marine à bandes jaunes fluorescentes, sont partis peu après 14 heures de la place de la République en direction de Nation, terminus de la manifestation. Le cortège a défilé dans une ambiance tendue, marquée par plusieurs face-à-face avec les forces de l’ordre, qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène.

« Les gars ont préféré venir en se protégeant »

La préfecture a rapidement déploré que certains manifestants « portent leur casque et leur tenue de feu », contrairement à des « engagements » pris par les syndicats avant la journée de manifestation. « Vu ce que l’on a vécu le 15 octobre à Paris [la manifestation s’était terminée par des heurts avec la police], les gars ont préféré venir en se protégeant, explique au Monde William Moreau, secrétaire général de l’UNSA-SDIS dans les Yvelines, quelques minutes après avoir quitté la manifestation. Ce qui ne veut pas dire s’en prendre aux forces de l’ordre, avec qui nous avons d’ailleurs discuté tout au long du parcours, sauf lors de quelques gazages en tête de cortège. »

Lors de la manifestation de pompiers à Paris, le 28 janvier, à Paris.

Lors de la manifestation de pompiers à Paris, le 28 janvier, à Paris. CHARLES PLATIAU / REUTERS

Evoquant des « manifestants violents prenant à partie les forces de l’ordre », la préfecture de police de Paris (PP) a annoncé à 17 h 30 que deux personnes avaient été interpellées sur le cours de Vincennes, près de la place de la Nation. La préfecture a également dénoncé un « inadmissible blocage », plusieurs pompiers ayant essayé de quitter l’itinéraire autorisé pour tenter de bloquer le périphérique au niveau de la porte de Vincennes.

Pompier professionnel à Annemasse (Haute-Savoie) depuis 2005, Sylvain Monney était présent dans le cortège :

« On est là parce que, depuis le mois de juin, on demande l’augmentation de la prime de feu qui n’a pas changé depuis vingt ans, parce qu’on n’est pas considéré comme métier à risque comme les égoutiers, les CRS, etc. On est là pour notre retraite : on surcotise pour partir plus tôt, et on va se retrouver dans le régime général. Pour 5 ans de surcotisation on gagnait 1 an et on pouvait gagner jusqu’à 5 ans et partir à 57 ans au lieu de 62 ans. On réclame l’augmentation des effectifs professionnels et une meilleure régulation des appels d’urgence : on est le dernier service public quand les autres sont dépassés. Et depuis juin, on n’a aucune réponse. »

Il s’agit de la deuxième manifestation nationale de pompiers en moins de quatre mois dans la capitale, à l’appel des syndicats de pompiers professionnels : les pompiers volontaires, moins regroupés syndicalement, ainsi que les pompiers de Paris et de Marseille, au statut de militaires, sont quasiment absents des cortèges. La profession est mobilisée depuis l’été dernier pour obtenir du gouvernement et des collectivités locales des réponses à leurs revendications.

Lire notre reportage d’octobre 2019 : A Paris, les pompiers ont manifesté dans une ambiance tendue

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