Prêtre tué: Dupond-Moretti fait valoir que le suspect n’a pas été expulsé “pas par angélisme mais par souci… – BFMTV

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Plusieurs personnalités politiques à droite et à l’extrême droite se sont émues du fait qu’Emmanuel Abayisenga, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, n’avait pas été expulsé.

Déjà mis en cause dans l’incendie de la cathédrale de Nantes, survenu en juillet 2020, Emmanuel Abayisenga, ressortissant rwandais de 40 ans, s’est accusé lundi du meurtre du prêtre Olivier Maire, à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). L’homme d’Église dirigeait la communauté religieuse de Montfortain, qui hébergeait depuis le mois de juin Emmanuel Abayisenga, sorti de détention provisoire et placé sous contrôle judiciaire en attente de son procès.

L’homme faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français antérieure à l’incendie de l’édifice religieux nantais. Son expulsion n’a pas pu avoir lieu en raison de la mesure de contrôle judiciaire à laquelle il était assujetti.

Polémique à droite et à l’extrême droite

Une information qui a provoqué une vive passe d’armes entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin lundi, et fait réagir d’autres personnalités de droite.

“En France, on peut donc être clandestin, incendier la cathédrale de Nantes, ne jamais être expulsé, et récidiver en assassinant un prêtre”, a tancé la présidente du Rassemblement national (RN) sur Twitter, pointant “la faillite complète de l’État et de Gérald Darmanin”.

“Madame Le Pen polémique sans connaître les faits: cet étranger n’était pas expulsable malgré son arrêté d’expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé”, a répliqué dans la foulée le ministre de l’Intérieur.

Au sein du parti Les Républicains (LR), des voix se sont élevées pour demander “que chaque clandestin qui viole la loi soit immédiatement expulsé et ne puisse jamais revenir en France”, a ainsi écrit le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti dans un communiqué.

“Mais que faisait encore cet individu en France?”, s’est quant à lui interrogé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, élu en Vendée.

“Instrumentalisation politicienne”, pour Dupond-Moretti

Dans un texte publié sur Facebook ce mardi, Éric Dupond-Moretti a répondu aux accusations et fustigé “l’instrumentalisation politicienne” de certains, “toujours les mêmes”.

“La dernière obligation de quitter le territoire (OQTF) dont le suspect a fait l’objet n’a pas été mise à exécution. Pas par angélisme mais par souci de justice! Les mêmes qui dénoncent cette situation auraient hurlé à l’impunité si le suspect avait été éloigné et s’il avait ainsi échappé à son procès, sans assurance non plus que sa peine soit exécutée dans son pays d’origine”, a objecté le garde des Sceaux.

Le ministre indique par ailleurs que la détention provisoire d’Emmanuel Abayisenga “devait légalement prendre fin en juillet 2021 et que dès lors le contrôle judiciaire était la seule solution”. Et d’ajouter: “Sauf à considérer que la détention arbitraire doit devenir la règle dans notre pays”.

Alors qu’il a déjà effectué des séjours en psychiatrie, le suspect, qui présente des troubles, a été interné d’office lundi soir, sa garde à vue ayant été levée pour “incompatibilité avec son état de santé”.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV

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