Présidentielle : revivez la première journée du super week-end de rentrée politique – Libération

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Bienvenue au village insoumis. L’université d’été du parti de Jean-Luc Mélenchon, installée aux abords d’un lac artificiel près de Valence (Drôme), a des airs de festival. Un peu partout, des chapiteaux où l’on parle égalité des genres et des salaires ou gestion du Covid et démocratie sanitaire. A midi, les chaises installées devant sont un peu vide. Les militants se baladent avec un café ou une part de cake en main, achetés à la buvette. Un peu plus tard, ils pourront se payer une bouteille de vin à 26 euros ou un magnum de champagne à 150 euros, nous apprend la carte des tarifs accolée à l’affiche de campagne de Jean-Luc Mélenchon, dont la tête apparaît un peu de tous les côtés. Ici, on paie en monnaie insoumise. Des tickets, remis contre de l’argent réel. Le monde est ce qu’il est.

Devant le lac, des jeunes et des plus vieux sont posés sur des palettes matelassées et des grosses chaises en plastique blanc comme on en voit dans les bars trop chers pour ce qu’ils sont. C’est presque les vacances. Une atmosphère qui tranche avec celle de l’université du PS, à Blois, où les socialistes sont réunis eux aussi ce week-end. Là bas, les troupes de journalistes courent après Anne Hidalgo, sur le point de se déclarer candidate. Ici, on sait depuis longtemps que Jean-Luc Mélenchon va tenter sa troisième et dernière chance. Pas de suspense. On se rappelle que le rendez-vous est politique quand on entend une militante aux cheveux rouges – cliché, mais vu – expliquer à son compagnon que nous serions en «guerre totale» et que la démocratie s’est «fracassée». A côté des foodtrucks où l’on a commencé à faire la queue, des stands Fakir – le journal du député LFI François Ruffin, CGT ou gauche révolutionnaire – attirent quelques militants. Pour les gamins, un coin «insouminot» a été monté.

La tranquillité de ce début de journée est à peine perturbée par les «un, deux, un deux», des ingé sons en train de faire des essais sur la scène installée sur le lac. A partir de 19 heures, elle accueillera des concerts. Deux heures avant la «grosse surprise» que les insoumis promettent depuis plusieurs jours. Un apéro avec les journalistes va même être organisé pour profiter du moment, nous informe-t-on. Qui a dit que les rapports de Mélenchon avec les presse étaient compliqués ? On interroge : va-t-il marcher sur l’eau ? On nous répond : «Non, il va être propulsé par un geyser d’eau et faire des figures. Qui a dit qu’il était trop vieux ?» (Par Charlotte Belaïch, envoyée spéciale à Châteauneuf-sur-Isère).

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