Présidentielle américaine : l’article à lire pour tout comprendre aux primaires démocrates – franceinfo

Les primaires démocrates doivent départager onze candidats à l’investiture du parti pour la présidentielle. Elles commencent lundi 3 février, avec le caucus de l’Iowa.

Qui fera face à Donald Trump dans la course à la Maison Blanche ? Les Américains doivent départager les onze candidats aux primaires démocrates, qui s’affrontent pour l’investiture du parti en vue de la présidentielle. Qui sont les favoris ? Qu’est-ce que le “Super Tuesday” dont tout le monde parle ? Quand connaîtra-t-on le vainqueur ? Alors que les premiers caucus ont lieu dans l’Iowa, lundi 3 février, franceinfo vous explique tout ce qu’il faut savoir sur ce processus.

Comment ça marche, les primaires américaines ?

Pour être investi candidat à la présidentielle, un démocrate doit remporter une majorité de délégués, explique Libération. Il s’agit de membres du parti, généralement des militants engagés ou des responsables, choisis pour représenter leur Etat à la convention nationale en juillet. Le nombre de délégués dépend de la population de l’Etat : la Californie (39 millions d’habitants) en a plus de 400, quand le Vermont (625 000 habitants) en a moins de 20.

Cinquante-sept Etats et territoires américains vont organiser des primaires ou des caucus entre le 3 février et le 6 juin. Cette année, 3 979 délégués seront “répartis” entre les candidats lors de ce processus, en fonction des scores de chaque concurrent. Dans la plupart des Etats, “c’est la proportionnelle qui fait loi” et tout démocrate “obtenant 15% des voix récolte en général au moins un délégué”, précise Libération. Les délégués seront obligés de voter pour leur candidat assigné lors de la convention nationale.

Quelle est la différence entre une primaire et un caucus ?

Il existe deux types de scrutins lors de ce processus de désignation. Une primaire fonctionne comme une élection classique : les électeurs se rendent dans un bureau de vote et sélectionnent leur candidat préféré, à bulletin secret. Certaines primaires sont “ouvertes” à tous les Américains, peu importe leur affiliation politique (Caroline du Sud, Vermont…). D’autres sont “fermées”, c’est-à-dire réservées aux seuls militants du parti (Texas ou encore Utah), détaille CNN*. En 2020, ce mode de scrutin sera utilisé dans 50 Etats et territoires.

Dans les sept restant (dont l’Iowa), les délégués seront répartis lors de caucus. Ces derniers “tiennent plus de la réunion de quartier que d’une primaire classique”, explique CNN. Les électeurs prennent part à une réunion publique en soirée, qui peut être “ouverte” ou “fermée”. Ils votent en se réunissant physiquement (debouts ou assis) par groupes, avant d’être comptés. Si un candidat obtient moins de 15% du nombre total de participants, le groupe est déclaré “non viable” et les électeurs doivent reporter leur vote sur un autre concurrent.

Pourquoi tout le monde parle du “Super Tuesday” ?

Le “Super Tuesday”, ou “super mardi” en français, est une journée décisive dans la course à l’investiture démocrate. Quatorze Etats américains organisent des caucus et des primaires simultanément, le 3 mars, précise le New York Times*. Le territoire des Samoa américaines et les démocrates résidant à l’étranger voteront également ce jour-là.

L’enjeu est d’autant plus important cette année que la Californie, qui votait jusqu’ici plus tardivement, a avancé sa primaire au “Super Tuesday.” Les résultats de cet Etat occidental, qui envoie le plus grand nombre de délégués à la convention (415), seront particulièrement attendus. Au total, 1357 délégués seront désignés le 3 mars prochain.

Qui sont les candidats démocrates ?

Ils sont nombreux ! Vingt-huit démocrates ont prétendu à l’investiture du parti, relève le New York Times*. Plusieurs d’entre eux ont depuis jeté l’éponge, réduisant le nombre des concurrents à onze, lundi 3 février. Le plus jeune candidat est Pete Buttigieg, 37 ans et maire de South Bend, la quatrième plus grande ville d’Indiana. Mais quatre concurrents ont déjà dépassé les 70 ans, un chiffre inédit dans l’histoire du parti : la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren (70 ans), le milliardaire Michael Bloomberg (77 ans), l’ancien vice-président Joe Biden (77 ans) et le sénateur du Vermont Bernie Sanders (78 ans).

Qui sont les favoris des sondages ?

Au coup d’envoi des primaires, trois candidats se détachent clairement des autres, selon l’aggrégateur de sondages du New York Times*. Joe Biden est crédité de 27% des intentions de vote en moyenne, au niveau national, devant Bernie Sanders (24%). Ils ont creusé l’écart avec la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren (14%). Mais il faudra également suivre les résultats de Michael Bloomberg (8% des intentions de vote, malgré une entrée tardive dans la course) et de  Pete Buttigieg (7%). Les six autres candidats sont crédités de 5% ou moins en moyenne, au niveau national.

Elizabeth Warren, Joe Biden et Bernie Sanders lors d\'un débat pour les primaires du Parti démocrate, le 14 janvier 2020, à Des Moines (Iowa, Etats-Unis).
Elizabeth Warren, Joe Biden et Bernie Sanders lors d’un débat pour les primaires du Parti démocrate, le 14 janvier 2020, à Des Moines (Iowa, Etats-Unis). (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec prudence. “Quatre candidats [Biden, Warren, Sanders et Pete Buttigieg] continuent de lever des fonds et semblent avoir de l’avance sur les autres. Mais Bloomberg dispose d’une véritable puissance financière qui pourrait tout bouleverser”, analyse Corentin Sellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste des Etats-Unis, interrogé par franceinfo.

Et chez les républicains, il n’y a pas de primaires cette année ?

Si, et elles démarrent aussi dans l’Iowa lundi 3 février. Mais la partie semble gagnée d’avance pour Donald Trump, comme c’est fréquemment le cas pour les présidents sortants. Il fait face à trois rivaux : l’ancien gouverneur du Massachusetts Bill Weld, l’animateur de radio Joe Walsh et l’homme d’affaires Rocky De La Fuente.

Tous trois accusent un énorme retard sur le chef de l’Etat, selon un sondage YouGov du 29 janvier relayé par Five Thirty Eight*. Joe Walsh est crédité de 3% des intentions de vote, Bill Weld de 2% et Rocky De la Fuente de 1%. Donald Trump peut compter sur 86% des voix, selon cette enquête. Sept Etats ont d’ailleurs décidé d’annuler leurs primaires ou caucus républicains, justifiant leur choix par “des coûts inutiles pour organiser ces scrutins alors qu’une majorité écrasante des républicains de leur Etat soutiennent Trump”, détaille The Hill*. A priori, Donald Trump devrait donc être désigné candidat de son parti sans encombres.

Quand connaîtra-t-on les vainqueurs ?

Environ 40% des délégués auront été répartis après le “Super Tuesday”. Après le 28 avril, ce chiffre grimpera à 90%. La situation devrait donc se décanter entre ces deux dates, en particulier si certains candidats décident de jeter l’éponge. Selon Le Figaro, le candidat en tête des résultats “a une option crédible sur la nomination de son parti lorsque 50% des délégués ont été choisis”.

Mais il est possible que, chez les démocrates, “le suspense s’éternise autour d’une course resserrée”, souligne Libération. “Deux candidats, voire trois, pourraient se tenir dans un mouchoir de poche jusqu’en mai, surtout s’ils défendent des lignes divergentes”, explique le quotidien. On pourrait ainsi voir un progressiste, tels Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, face à un centriste comme Joe Biden.

Les conventions des partis, c’est important ?

Les vainqueurs des primaires démocrate et républicaine seront formellement investis par leur parti lors des conventions nationales. Durant ces trois jours, les délégués vont voter selon la répartition déterminée lors des primaires. En clair, si dix délégués ont été attribués à un candidat dans un Etat, ils devront voter pour lui lors de la convention.

Celle des démocrates aura lieu à Milwaukee, dans le Wisconsin, du 13 au 16 juillet. Pour être investi, un démocrate doit avoir au moins 1 990 délégués (la majorité absolue), explique la BBC*. Si aucun vainqueur ne s’est imposé à la fin de la saison des primaires, 771 superdélégués participeront à un second vote lors de la convention. Il s’agit de cadres du parti (par exemple l’ancien président Bill Clinton), libres de voter pour le candidat de leur choix. Le concurrent qui obtiendra plus de 2 376 délégués lors de ce second tour sera désigné candidat à la présidentielle.

La convention nationale républicaine aura lieu du 24 au 27 août à Charlotte, en Caroline du Nord. L’investiture devrait être une formalité pour Donald Trump, qui profitera surtout de cet événement pour galvaniser ses supporters avant le début de la campagne officielle.

J’ai eu la flemme de tout lire, vous me faites un résumé ?

Les électeurs américains sont appelés à choisir, entre le 3 février et le 7 juin, les candidats à la présidentielle de novembre 2020. Côté républicain, la course a peu d’enjeux : Donald Trump devance ses trois rivaux de plus de 80 points dans les sondages. A tel point que sept Etats ont déjà décidé d’annuler les primaires républicaines.

Côté démocrate, en revanche, onze candidats s’affrontent pour l’investiture du parti. Juste avant le premier scrutin dans l’Iowa, trois concurrents se détachent : l’ancien vice-président Joe Biden, le sénateur du Vermont Bernie Sanders et la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren. Mais le jeune maire de South Bend (Indiana), Pete Buttigieg, a également fait une campagne remarquée et la puissance financière du milliardaire Michael Bloomberg, entré tardivement dans la course, pourrait bouleverser les résultats.

Le candidat démocrate sera officiellement investi en juillet, lors de la convention nationale du parti à Milwaukee (Wisconsin). Celle du parti républicain aura lieu fin août, en Caroline du Nord. Ces deux événements marqueront le début de la campagne officielle pour la présidentielle, jusqu’à l’élection du 3 novembre.

*Tous les liens signalés par un astérisque renvoient sur des articles en anglais.

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