Présidentielle 2022 : Michel Barnier annonce sa candidature à la primaire de la droite – Le Monde

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Michel Barnier, à Paris, le 20 juillet 2021.

Pour ses soutiens, il pourrait être une espèce de carte « joker » pour la droite. Le candidat que le parti Les Républicains (LR) n’attendait pas forcément mais qui pourrait, selon eux, le rassembler pour le scrutin présidentiel de 2022 dans un contexte compliqué. L’ex-commissaire européen Michel Barnier, à propos duquel les rumeurs allaient bon train depuis quelques mois, est sorti du bois, jeudi 26 août, lors du « 20 heures » de TF1.

« J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle d’avril prochain », pour porter le projet à droite d’une « France réconciliée », a-t-il déclaré au lac du Bourget (Savoie), sa terre d’élection. « Ce qui est important, c’est de rassembler, la droite, le centre, a-t-il poursuivi. [C’est aussi de] « limiter l’immigration et la maitriser », de « remettre le travail, le mérite au centre de notre société » et de « décarboner l’économie ».

Cette annonce intervient quelques heures à peine après celle d’Eric Ciotti devant Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV. S’il s’est longtemps dit hostile au principe d’une primaire, lui préférant celui du « candidat naturel » capable de s’imposer aux autres, M. Barnier devient le quatrième candidat (Valérie Pécresse et Philippe Juvin s’étant déclarés dès l’été) d’une course interne qui n’est pourtant pas encore certaine à ce stade. Un congrès doit justement trancher cette question le 25 septembre. D’autant que Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, considéré par beaucoup comme le candidat le plus sérieux, refuse d’y participer. Ouvrant la voie à une potentielle double candidature de la droite au scrutin présidentiel.

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Groupe de travail

M. Barnier, lui, n’a cessé de le répéter : il faut, selon lui, une équipe soudée où chacun aurait sa place et qu’il pourrait opportunément diriger. Depuis qu’il a terminé l’une des plus grosses négociations de l’histoire de l’Union européenne pour l’après-Brexit, M. Barnier a semblé se voir un destin plus français. Revenu dans l’Hexagone, il a multiplié les rencontres et les interventions devant des élus. Députés, sénateurs ou candidats à diverses élections – notamment aux régionales – l’ont reçu pour discuter de grandes thématiques. L’ancien ministre de Jacques Chirac a d’ailleurs, à cet effet, monté un groupe de travail, baptisé « Patriotes et Européens ».

Dans son entourage, on estime qu’il est l’une des personnalités les « plus compétentes dont la droite dispose ». « Avec son expérience européenne, il est le mieux placé pour voir les failles du système. On peut être pro-européen et défendre la France », explique ainsi Brigitte Kuster, députée (LR) de Paris et soutien de l’ancien élu savoyard.

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« Il coche beaucoup de cases »

Outre les compétences, ses soutiens vantent une attitude capable, selon eux, de rendre sa sérénité au parti en particulier et au pays en général. « Homme d’écoute et de dialogue, il a su négocier six cents traités à l’unanimité des vingt-sept pays européens !  », poursuit Mme Kuster.

« Il coche beaucoup de cases », abonde Daniel Fasquelle, maire (LR) du Touquet-Paris-Plage, qui ose même la comparaison avec le président américain, Joe Biden : « Il a la capacité de rassembler et d’apaiser un pays fracturé. A l’image d’un Joe Biden aux Etats Unis, il a l’expérience, la hauteur de vue et la stature internationale que l’on attend d’un président français. »

Pourtant, tous à droite ne l’entendent pas de cette oreille. Certes les compétences et l’expérience de l’ancien commissaire européen sont unanimement reconnues, mais personne ne croit aux chances du candidat à se faire élire président de la République. Et encore moins à remporter la primaire de la droite. Perçu comme trop centriste sur l’échiquier politique, ne se différenciant pas assez d’Emmanuel Macron, il peine à convaincre en interne, où certains lui reprochent parfois un ton trop « professoral ». « Barnier, c’est solide, c’est crédible au niveau international, mais ça fait rêver personne en interne », affirme, peu convaincu, un élu de premier plan.

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