Présidentielle 2022 : Marine Le Pen fidélise ses soutiens malgré la grande mobilité électorale – Le Monde

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Marine Le Pen en déplacement dans le Nord pour soutenir Sébastien Chenu, le 9 avril 2021.

Quel pourrait être le point commun entre l’élection présidentielle de 2017 et celle à
venir ? Probablement des candidates, des candidats, des fragments de programme… Mais la principale similitude est plutôt à chercher du côté des électeurs et de leurs comportements annoncés. A en juger d’après les résultats de cette vague d’enquêtes, la volatilité des électorats s’annonce importante pour tous les partis, à l’exception du Rassemblement national (RN). Comment expliquer la loyauté des uns et l’infidélité des autres ?

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La thématique de la loyauté partisane est ancienne en science politique. Les électeurs disciplinés et prévisibles dans leurs choix de vote ont laissé place en France, et dans de nombreuses démocraties, à des électeurs nomades et moins attachés à une identité partisane. Les choses se compliquent si l’on y ajoute la transformation de l’offre politique, de moins en moins compréhensible en raison d’un effacement des partis et d’une accélération de la personnalisation des campagnes présidentielles.

Le RN ne souffre pas de concurrence

Le phénomène de mobilité électorale semble de nouveau s’installer dans des proportions élevées, même s’il faut rester prudent sur les prédictions à un an du scrutin. L’avantage du panel de notre enquête est de pouvoir suivre depuis 2015 les orientations politiques d’environ 7 500 répondants (les 2 500 autres ayant été recrutés en 2021). L’analyse montre que c’est près d’un électeur sur deux d’Emmanuel Macron qui renouvellerait ce choix en 2022. C’est aussi près d’un électeur sur deux de François Fillon qui maintiendrait son vote pour Xavier Bertrand, si ce dernier est bien candidat.

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Enfin, seul un électeur sur trois resterait fidèle à Jean-Luc Mélenchon. Dans cet océan de volatilité, une candidate parvient à nager à contre-courant : Marine Le Pen. En effet, près de huit électeurs sur dix qui l’avaient choisie au premier tour en 2017 déclarent aujourd’hui maintenir leur confiance à la candidate du RN. Si la fidélité de son électorat s’enracine dans une forte logique idéologique et partisane, elle confirme que le parti frontiste ne souffre pas de la concurrence des autres candidats. Son positionnement sur les questions culturelles lui permet d’attirer avant tout des citoyens malheureux, insatisfaits de leurs conditions d’existence et de plus en plus en colère contre leurs représentants élus.

D’où viennent les soutiens des nouveaux venus putatifs, Anne Hidalgo et Yannick Jadot ? Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) attire, outre le sien, trois groupes différents d’électeurs de 2017 : les partisans de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI ; 28 %), de Benoît Hamon (25 %) et d’Emmanuel Macron (26 %). Pour la maire de Paris, parmi 100 personnes déclarant vouloir voter pour elle, 20 avaient voté pour M. Mélenchon en 2017, 36 pour M. Hamon et 33 pour M. Macron, les autres s’étant majoritairement abstenus.

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