Présidentielle 2022 : l’éventuelle candidature de Christiane Taubira ajoute à la confusion de la gauche – Le Monde

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Chaque semaine, à gauche, la confusion s’intensifie. Vendredi 17 décembre, à la veille des départs en vacances, Christiane Taubira a publié un message vidéo sur les réseaux sociaux. Dans cette déclaration de trois minutes, l’ancienne ministre de la justice « envisage » d’être candidate et « donne rendez-vous à la mi-janvier » pour s’avancer ou reculer. Une façon de voir comment évolue l’embouteillage, en espérant que les autres candidats se rangent derrière elle. Cette intervention ne règle rien pour le moment. Il y a sept jours, Arnaud Montebourg passait des coups de fil dans le vide pour proposer une réunion aux différents candidats. Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo et Yannick Jadot avaient décliné. Sept jours plus tard, l’ajout d’une nouvelle candidature potentielle suscite pour certains une forme d’exaspération face au constat renouvelé de l’improvisation à gauche. Pour d’autres, cette surprise éveille l’espoir d’aboutir peut-être à une issue unitaire.

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Yannick Jadot a été le premier à regretter la décision de l’ancienne ministre. Pour lui, poster une vidéo de trois minutes et donner rendez-vous dans un mois n’est « pas totalement à la hauteur des difficultés que rencontre notre pays ». Vendredi matin, le candidat écologiste avait prévu de longue date de présenter à la presse ses propositions en matière de travail − le résultat de discussions avec les différentes centrales syndicales, de consultations. Réduction concertée de la durée du travail, augmentation du smic : autant de messages électoraux qui ont été repoussés à l’arrière-plan par la vidéo de Christiane Taubira.

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« On a de nouvelles candidatures pour réduire le nombre de candidatures ? », s’est-il interrogé, estimant qu’il s’agissait d’une « candidature qui s’ajoute dans l’arc socialiste, arc qui, ces dernières années, a quand même montré de sérieuses limites ». Appelant toutes les forces de gauche à le rejoindre, il a répété sa conviction que c’est derrière l’écologie que peut se gagner l’élection présidentielle : « Nous sommes les bras ouverts pour les socialistes, les humanistes, les progressistes. Aujourd’hui, c’est autour de l’écologie sociale et républicaine que cela doit se faire. » Dans son camp, l’annonce de l’ancienne garde des sceaux a en revanche reçu un accueil ravi de Sandrine Rousseau. Sur BFM-TV, la finaliste de la primaire écologiste, qui avait déjà fait entendre des nuances quant à la nécessité d’un dialogue à gauche, s’est dit « ultra-contente », estimant que « sa démarche consiste à pousser à l’union, et à mettre un peu de pression sur l’union de la gauche ».

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