Présidentielle 2022 : les militants LR préfèrent un congrès à une primaire pour désigner leur candidat – Le Figaro

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58% des militants ont choisi l’option du congrès, réservant ainsi le choix du candidat à la présidentielle aux seuls adhérents LR.

Les militants LR ont tranché. Samedi, lors d’un vote électronique clos à 18h, ils ont choisi l’option du congrès à 58% contre 40,4% pour la primaire pour désigner le candidat de la droite et du centre à la présidentielle. Avec un taux de participation de près de 50,28 % (sur 79.181 militants) les adhérents LR ont exprimé un choix clair. Si Christian Jacob n’avait pas donné de consignes de vote aux adhérents, le président des Républicains n’avait jamais caché ses réticences devant l’organisation d’une primaire, source de divisions estimait-il.

Surtout, l’enquête LR commandée à l’Ifop et dévoilée mercredi soir avait donné une première indication. 60% des Français de droite interrogés et 73% des sympathisants LR se disaient favorables à un congrès plutôt qu’à une primaire. Rien d’étonnant donc ce samedi à voir cette tendance confirmée dans les urnes.

Ce sera donc l’option du congrès. Si cette option retenue par les adhérents «a l’avantage de la simplicité», relevait cette semaine Jean Leonetti, le Monsieur Primaire du parti dans son rapport, elle constitue selon lui «une alternative par défaut». «Cette procédure pourrait être perçue comme un repli de choix «entre soi», ne favorisant pas la dynamique nécessaire d’une campagne plus ouverte», ajoutait le maire LR d’Antibes.

Des centristes remontés

C’est aussi l’avis des centristes à qui les Républicains ont fermé la porte, mercredi en bureau politique, les excluant de fait du congrès de désignation du candidat. «C’est assez incompréhensible comme choix de se couper des centristes alors que les Républicains et les centristes gouvernement ensemble dans les villes, les départements, les régions et au Sénat», fait valoir un centriste très remonté. Christian Jacob a rendez-vous, en principe fin septembre, avec l’UDI pour évoquer les investitures des législatives. Des négociations qui s’avèrent désormais plus compliquées, les élus centristes comptant bien lui rappeler qu’ils se sentent libres désormais de tout engagement.

Gérard Larcher, partisan d’une primaire et d’une ouverture aux centristes, n’a pas non plus apprécié le choix du congrès. «Quand tu veux créer une dynamique autour de ton candidat en matière électorale, il vaut mieux éviter de faire de l’entre-soi », poursuit un sénateur LR, «surtout au moment où Edouard Philippe vient braconner à droite. Là ils sont en train de plomber le candidat de la droite pour la présidentielle».

Les modalités du congrès restent à fixer

Désormais la direction LR doit encore fixer les modalités du congrès, notamment son calendrier. Un conseil stratégique se réunira mardi pour «valider le formulaire de recueil des parrainages», avant un bureau politique qui se tiendra au siège de LR le 6 octobre. Le congrès devrait avoir lieu le 4 décembre, même si certains élus LR le trouvent bien trop tardif, craignant de continuer à être empêtrés, encore pendant de longues semaines, dans les querelles de procédures. «Non, c’est une date qui semble convenir à tous les candidats», a rétorqué samedi Christian Jacob, rappelant que l’ensemble des candidats de la droite a été désigné, par le passé, à cette même date.

Reste aussi la question de la nature même du congrès : congrès de plébiscite pour adouber un seul candidat, comme Nicolas Sarkozy en 2007, ou congrès de départage entre plusieurs candidats. La première option a la préférence de Xavier Bertrand qui a annoncé, via sa porte-parole Dominique Sassone-Estrosi, avoir accepté de s’y soumettre. La seconde option a la préférence des autres candidats, notamment Valérie Pécresse et Michel Barnier, qui ne voient pas pourquoi ils devraient se retirer au profit du président des Hauts-de-France. «Maintenant c’est aux candidats de le formuler par écrit», a indiqué Christian Jacob. «S’ils se mettent d’accord entre eux, c’est leur liberté individuelle. Ce n’est pas à moi d’en décider», a ajouté le président des Républicains.

Sur ce sujet, la direction des Républicains se montre partagée. Si le numéro 3 Aurélien Pradié espère voir se dégager «un candidat évident» d’ici le vote, d’autres plaident pour que le congrès soit ouvert à de multiples candidatures. Pour convaincre les militants LR, Xavier Bertrand, qui a quitté le parti, compte multiplier les réunions avec les adhérents du parti. Beaucoup d’entre eux lui en veulent d’avoir claqué la porte des Républicains en 2017, à l’inverse de Michel Barnier, toujours resté fidèle à sa famille politique, ou de Valérie Pécresse qui ces derniers mois avait clairement accepté de se soumettre à la règle commune de départage fixée par LR.

Michel Barnier, Valérie Pécresse et Eric Ciotti comptent bien être au congrès

Les résultats connus, plusieurs candidats ont réagi sur Twitter. Michel Barnier a été le premier à indiquer qu’il participerait au congrès : «Militant fidèle dans cette famille depuis mon premier engagement en Savoie, je solliciterai en confiance son soutien pour rassembler et gagner l’élection présidentielle.»

Si Valérie Pécresse s’était prononcée en faveur d’une primaire, elle a expliqué sur Twitter accepter le choix des militants. «Les adhérents LR se sont exprimés et ont choisi la primaire interne. Respectueuse de leur volonté et constante dans mon engagement de jouer collectif, j’en serai ! Que le… ou la meilleure gagne!», a fait valoir la présidente de la région Ile-de-France.

Éric Ciotti a d’emblée annoncé «respecter» le choix des militants au cours «d’une procédure profondément démocratique». «Le 4 décembre, je solliciterai donc le soutien de ma famille politique à laquelle je suis toujours resté fidèle dans les jours de victoire mais aussi dans les jours de défaite». Un message aussi adressé à Xavier Bertrand qui a claqué la porte des Républicains en 2017. Samedi soir, le président des Hauts-de-France n’avait pas réagi.

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