Présidentielle 2022 : les difficultés de la Primaire populaire à s’installer en « juge de paix » à gauche – Le Monde

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Des supporteurs de la Primaire populaire, sur le parcours de Christiane Taubira, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 décembre 2021.

« On tourne en rond dans le brouillard », « tout le monde se demande ce qu’il va se passer demain, mais les principaux protagonistes l’ignorent »… prendre des nouvelles de la gauche, ces temps-ci, c’est s’exposer à des phrases sorties d’une pièce de Beckett. A bientôt trois mois de l’élection présidentielle de 2022, la gauche n’est pas sortie de l’incertitude. La Primaire populaire balance toujours entre un format « investiture » qui ferait concourir y compris les réfractaires, l’écologiste Yannick Jadot et l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, et un vrai processus engageant tous les candidats à se plier au résultat du vote.

La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo en sera, sans doute aussi l’ex-ministre de la justice Christiane Taubira, à condition qu’elle déclare officiellement sa candidature avant le 15 janvier. Reste trois candidats, le député européen Pierre Larrouturou, la Rennaise experte en santé publique Charlotte Marchandise et la militante pour le climat Anna Agueb-Porterie.

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Le premier est bien décidé à maintenir sa candidature. L’évolution en cours de route des règles du vote irrite en revanche passablement Mme Agueb-Porterie. La candidate « de gauche radicale » a l’impression qu’on la pousse vers la sortie. « Il n’y a que Jadot, Taubira, Hidalgo », s’agace-t-elle dans une vidéo postée sur Twitter jeudi 23 décembre. « Après qu’on m’a poussé à réfléchir le maintien de ma candidature pour ne pas froisser les “gros candidats” , je tiens à dire que “j’y suis, j’y reste”. Manquerait plus qu’on essaie de m’évincer du débat télé », ajoute la jeune femme de 23 ans.

Quant à Mme Marchandise, elle dit vouloir être candidate jusqu’au 15 janvier « pour porter le sujet de la démocratie ». Au début du mois de décembre, sollicitée par Le Monde, elle confiait qu’elle retirerait sa candidature au profit de Mme Taubira si celle-ci se présentait officiellement. Ni Fabien Roussel, candidat du Parti communiste français, ni Arnaud Montebourg ne font partie du panel issu d’un processus de parrainages clôturé au 11 octobre. Pour être déclaré gagnant, le candidat désigné devra s’engager, après les résultats, à respecter un socle programmatique commun et à « mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition pour rassembler autour et avec elle les autres candidats et candidates portant un projet de justice sociale, d’écologie et de renouveau démocratique ». Une formulation qui engage… ou si peu.

Un vote en ligne prévu du 27 au 30 janvier

Ce processus, les partis de gauche l’ont longtemps méprisé. Depuis deux semaines, tout a changé. Le Parti socialiste a cherché à s’attirer les bonnes grâces des organisateurs pour que le processus serve l’appel unitaire leur candidate. Mme Hidalgo a d’abord posé des conditions, laissant entendre que si M. Jadot n’y participait pas, elle maintiendrait elle aussi sa candidature. « Si cette main tendue n’aboutissait pas, évidemment que je suis déterminée à porter mes propositions », déclarait-elle le 17 décembre.

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