Présidentielle 2022 : investi sur le fil par les écologistes, Yannick Jadot veut rassembler à gauche – Le Monde

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Le candidat des Verts à la présidentielle de 2022, Yannick Jadot, à Paris, le 28 septembre 2021.

Il est 17 h 20, mardi 28 septembre, sur le canal de l’Ourcq, à Pantin (Seine-Saint-Denis), à bord de la péniche où se sont rassemblés les soutiens de Yannick Jadot. Les portables commencent à vibrer et des sourires soulagés à se dessiner sur les visages, dans un brouhaha de plus en plus dense qui va bientôt se transformer en acclamations : « Yannick président ! »

A quelques centaines de mètres, côté Sandrine Rousseau, c’est tout l’inverse. Un silence glacial précède l’attente du verdict, avant d’être finalement interrompu par des pleurs pour les plus déçus et des « Merci Sandrine ! » pour les plus résilients. « Vous pouvez compter sur nous pour continuer cette aventure », lance la finaliste battue à ses soutiens, pour signifier qu’elle ne lâchera pas son écoféminisme radical.

Jadot s’est fait peur

51,03 % pour Yannick Jadot, 48,97 % pour Sandrine Rousseau. Certes, la victoire est arrachée d’un cheveu, 2 112 voix pour être précis, mais pour les gagnants, inutile de trop le souligner. A peine plus de 2 000 voix à l’échelle des 120 000 inscrits, c’est juste assez pour éviter que le scrutin ne soit contestable. En témoigne cet échange entre deux jadotistes qui se demandaient comment annoncer la victoire sur les réseaux sociaux. « L’écart de voix on dit quoi ?

– On dit rien, on parle de la participation et on dit Yannick Jadot, “LE” candidat de l’écologie ! »

Le favori a gagné. Mais ce n’était pas gagné. Yannick Jadot s’est fait peur. « On ne va pas se mentir. A quelques minutes du résultat, on était très fébriles, on savait que ça allait être serré », reconnaît le député (ex-La République en marche) du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, à son côté au moment de l’annonce.

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Depuis les bons résultats de la liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) qu’il a conduite aux européennes en 2019 (13,48 %), Yannick Jadot pense à l’élection présidentielle. Cette primaire, il a hésité à y participer, puis il a accepté de jouer le jeu, à condition qu’elle ne crée pas des divisions internes indépassables. Car son credo politique depuis toujours, c’est le grand rassemblement.

A ce titre, lors de son discours de victoire, il eut quelques élans gaulliens – « être Français, c’est avoir les pieds dans la terre en ayant le regard fixé sur l’horizon ». Une réponse à Eric Zemmour et à tous ceux qui « voudraient nous enfermer dans des débats immondes, sur les prénoms des enfants, la réhabilitation de Pétain ». Etre virulent contre l’extrême droite, certes, mais il s’agissait surtout, pendant cette primaire, de solder définitivement les procès en tiédeur politique intentés par l’aile gauche de son propre camp et qui lui collent à la peau.

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